"Gone in 60 seconds" n'est pas, malgré ce que l'on pourrait croire, un film sur l'éjaculation précoce...
Quoique.
Toutes ces voitures de luxe, facilement achetées par des hommes entre deux âges, parfois en délicatesse avec leur virilité, fantasmées comme des objets phalliques surpuissants, capables de balancer la purée en quelques fractions de secondes...
Mais non, bien qu’il soit un remake d’un film réalisé en 1974 par H.B. Halicki (un fou du volant qui perdit la vie lors d’une cascade) comprenant une course-poursuite d’une durée d’une demi-heure, "Gone in 60 seconds" version Dominic Sena (un nom prédestiné pour réaliser un film de bagnole si seulement le destin avait daigné lui filer un autre "n") opte plutôt pour l'option "peine-à-jouir".
Produit par ce bon vieux Jerry Bruckheimer, le film comporte tous les défauts scénaristiques que l’on pouvait être en droit d’attendre: dialogues pitoyables, gags scatos à gogo, éléments risibles (Nicolas Cage qui rassure une bagnole avant de la voler, les frangins qui se disputent comme à la maternelle, le bad guy fan d'ébénisterie...) abondent et cela pourrait être à la rigueur acceptable si le quota d’action était respecté.
Mais, même sur ce plan-là, "Gone in 60 seconds" n’assure pas, totalement impuissant, avec une hallucinante quasi-absence de scène de course-poursuite (Sena préfère la course à pied à travers des jardins de particuliers...), un comble étant donné le postulat de départ, et une sensation de vitesse proche d'une voiture sans permis.
Côté distribution, Nicolas Cage traverse le film sans donner vraiment l’impression d’y être, Angelina Jolie affiche un poulpe peroxydé sur la tête, Vinnie Jones joue -comme d'hab'- le psychopathe extrême, Robert Duvall apporte la caution respectable au casting, permettant de supporter le cabotinage de Christopher Ecclecstone.
Un non-film total donc, une super-production qui passe totalement à côté de son sujet, bien pâle en comparaison des sensations que pouvaient alors apporter les véritables révolutions ludiques concernant la conduite de bagnole sur écran: les jeux vidéos "Gran Turismo" et "GTA" étaient déjà sortis depuis 1997.