La règle des six mois ? Six minutes ont suffi

Certains films vous transportent, d’autres vous font réfléchir, et puis il y a 6 Month Rule, qui m’a surtout donné envie de vérifier l’heure... toutes les cinq minutes. Comédie romantique écrite, réalisée et interprétée par Blayne Weaver, ce film ressemble à un date Tinder qui avait l’air prometteur sur le papier, mais qui vous fait commander l’addition avant même l’entrée.


Tyler, notre "héros", est un expert en théories amoureuses bidon, du genre à sortir des phrases comme : "Si tu ne t’investis pas, tu ne souffres pas." Profond, hein ? Il applique cette fameuse "règle des six mois" censée l’immuniser contre les peines de cœur. Malin ? Non. Lassant ? Oui. Très. Disons qu’on a vite l’impression d’écouter un podcast auto-produit intitulé Moi, moi et moi.


Le problème, c’est que Tyler prend tellement de place (verbalement, surtout), qu’on en oublie presque qu’il y a d’autres êtres humains dans le film. Ses amis ? Accessoires. L’amour de sa vie ? Un prétexte. On aurait aimé que les personnages secondaires aient un peu plus de substance que des répliques préchauffées et des regards compatissants. Là, c’est plus The Blayne Weaver Show qu’un film de groupe.


Le film se veut une réflexion sur l’amour moderne, mais ressemble surtout à un long monologue d’un mec qui pense avoir tout compris parce qu’il a eu deux ruptures et un abonnement à Psychology Today. C’est un peu comme si How I Met Your Mother avait perdu son humour et ses scénaristes au passage. L’intrigue ? Une ligne droite vers le prévisible, sans détour, sans embouteillage, mais surtout sans plaisir.


Visuellement, 6 Month Rule est ce qu’on appelle dans le jargon : un film "gentiment beige". Pas moche, pas beau, juste là. La musique passe aussi inaperçue qu’un serveur dans une réunion de famille gênante. Et quand le film tente de nous tirer une larme en fin de parcours, on est plutôt tenté de tirer la prise. Dommage, car avec un peu plus de subtilité et un peu moins de narcissisme, il aurait pu nous surprendre.


À la base, l’idée de démonter les clichés des relations modernes, pourquoi pas. Mais ici, c’est le cliché qui démonte le film. Tout sonne faux, surécrit, un peu prétentieux, comme une dissertation de terminale qui veut trop impressionner. On sent que Blayne Weaver voulait faire un film "profond mais drôle", et au final, c’est surtout "long mais creux".


Ma note de 2.5/10 n’est pas gratuite : c’est le résultat d’un visionnage où j’ai espéré, en vain, un rebond, une émotion, un rire… ou à défaut, un peu de second degré. En bref : un film à éviter si vous tenez à votre temps libre. La règle des six mois ? J’aurais préféré une clause de rétractation de six minutes.

CriticMaster
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le 29 avr. 2025

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