Ca passe, "72 Heures", même si ce film m'a surtout rappelé qu'accepter un enterrement de vie de garçon avec des vingtenaires est probablement la façon la plus rapide de transformer un cadre sérieux en candidat officiel au championnat du monde des mauvaises décisions. L'histoire suit un quadragénaire qui, dans l'espoir de sauver sa carrière, se retrouve embarqué pendant trois jours dans un week-end totalement déjanté où les fêtes, les excès et les catastrophes semblent avoir signé un contrat d'exclusivité. Très vite, ce qui devait être un simple séjour festif vire à une succession de situations absurdes où le calme devient une espèce en voie d'extinction. J'ai passé un bon moment devant cette comédie qui ne cherche jamais à être plus ambitieuse qu'elle ne l'est réellement. Le film assume pleinement son côté léger et bruyant, privilégiant l'enchaînement de gags et de situations improbables plutôt qu'un scénario particulièrement élaboré. C'est le genre de divertissement que l'on regarde pour se vider la tête sans avoir besoin de sortir un tableau blanc pour suivre l'intrigue. Kevin Hart apporte comme souvent une énergie débordante qui dynamise l'ensemble. Son sens du rythme comique fonctionne très bien et plusieurs de ses interventions m'ont franchement fait sourire. Mais celui qui m'a le plus marqué reste ce personnage complètement sous cocaïne, interprété avec un enthousiasme tellement excessif qu'on a parfois l'impression qu'il a bu cinquante expressos avant chaque prise. Chacune de ses apparitions devient un véritable feu d'artifice d'absurdités, et il réussit à voler plusieurs scènes grâce à son jeu complètement débridé. J'ai également apprécié l'ambiance très réussie de cet enterrement de vie de garçon, où les situations s'enchaînent naturellement entre fêtes, maladresses et gros moments de n'importe quoi. L'atmosphère reste constamment festive et le rythme suffisamment soutenu pour éviter que le film ne s'essouffle. En revanche, il faut reconnaître que le scénario reste assez classique. Les rebondissements sont souvent prévisibles, plusieurs blagues tombent un peu à plat et le film ne cherche jamais vraiment à sortir des sentiers battus de la comédie américaine. On rit par moments, on sourit souvent, mais il manque ce petit supplément de folie ou d'originalité qui aurait permis au film de devenir réellement mémorable. Au final, "72 Heures" est une comédie sympathique, simple et efficace qui remplit parfaitement sa mission de divertir pendant un peu moins de deux heures. J'ai passé un agréable moment sans jamais avoir l'impression d'assister à la comédie de l'année, mais ce n'était sans doute pas son objectif. Je la recommande à ceux qui veulent se détendre devant un film sans prise de tête... et surtout à ceux qui pensent encore qu'un enterrement de vie de garçon se résume à un restaurant et une partie de bowling. Ici, même les neurones finissent par demander un taxi.