Jonah Hill impose son style lors de la Berlinale !

Avis sur 90's

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[Vu dans le cadre de la Berlinale 2019]
Bon alors, c'est incontestablement la très très bonne surprise du festival et jusqu'ici c'est vraiment le film qui s'impose et surplombe tous les autres.
Jonah Hill était pourtant attendu au tournant sur ce coup, car un acteur qui fait le choix de passer derrière la caméra pour s'improviser réalisateur, cela peut s'avérer tout aussi bien génial que totalement catastrophique et sur ce point les exemples ne manquent bien évidemment pas. Or en ce qui concerne "Mid90s", force est de constater que le résultat a su, non pas seulement satisfaire, mais vraiment dépasser toutes nos attentes !
En effet, Jonah Hill nous livre ici un film brut, puissant, qui parvient à aller à l'essentiel au moyen d'une réalisation soignée et rythmée par une B.O années 90 à couper le souffle. Pour ma part, je ne pense vraiment pas avoir déjà vu un film parvenant à traiter avec autant de perspicacité et de subtilité le sujet de l'adolescence, de l'enfance, de la puberté, de la jeunesse (appelez ça comme vous voulez). Si le long métrage fait nécessairement penser au très réussi "Les Seigneurs de Dogtown"(2005), son propos dépasse cependant largement le cadre de la passion pour le skate. Outre le fait de nous plonger au coeur de cet univers si particulier, ce qu'il met avant tout en évidence et ce qu'il questionne ici c'est la manière dont chaque adolescent cherche à s'identifier et par là même à affirmer son identité : que ce soit par le biais de la musique, des fringues, ou encore plus simplement de la manière de parler et en ce qui concerne ce dernier point, le film s'avère extrêmement subtil mais surtout extrêmement drôle dans ses dialogues et ce à tel point que l'on a très souvent vraiment l'impression d'être en train d'écouter un album du Wu-Tang Clan. On le sait très bien et on ne va pas se le cacher ici, durant l'adolescence c'est bien évidemment par le biais de tous ces divers éléments (dont la majorité nous semblera par la suite complètement puérile et ridicule bien évidemment) que l'on est amené à nouer des liens d'amitié et à ainsi intégrer un groupe au sein duquel on se sent et on se sait libre.
Pas besoin cependant d'avoir grandi durant les années 90 ni d'appartenir à cette génération pour apprécier le film qui saura (j'en suis persuadé) certainement toucher tout le monde tant on parvient si aisément à s'identifier au jeune et principal protagoniste de l'histoire Stevie. En le voyant en effet à l'écran et en l'observant grâce à la caméra et par le biais de plans très rapprochés, c'est ainsi véritablement nous-mêmes que l'on voit au même âge avec nos peurs, nos hésitations, nos espoirs ainsi que notre volonté de construire et d'affirmer notre personnalité. Sérieusement, Jonah Hill s'avère vraiment très très fort déjà en ce sens mais le film va d'autant plus loin qu'il parvient également à mettre en perspective tout ce passé qui constitue notre enfance avec notre présent. En faisant ainsi resurgir devant nous le jeune adolescent que nous étions à cette époque, il met ainsi nécessairement en lumière le contraste avec l'individu que l'on est dorénavant aujourd'hui. C'est indéniablement là que réside toute la puissance émotionnelle du film tant le contraste apparaît alors saisissant pour le spectateur et à ce titre le film est presque parvenu à m'arracher une ou deux larmes durant la projection.
Tous ces éléments sont ainsi portés et amenés à l'écran au moyen d'une mise en scène au parti pris esthétique simple (ce qui ne signifie en aucun cas ici "simpliste" bien au contraire !) qui s'avère d'une efficacité redoutable. On sent par conséquent vraiment que Jonah Hill a avant tout voulu nous livrer une oeuvre très personnelle qui ne se perd jamais dans cet exercice de style consistant à convoquer 300 références cinématographiques à la minute. Les références visuelles sont avant tout culturelles ici (les baskets, les T-shirts Champion, ou encore les cassettes audio) et appartiennent à un passé qui n'est pas si révolu que ça étant donné que, comme on le sait, la mode vestimentaire des années 90 fait son grand retour sur le devant de la scène depuis maintenant quelques années.
Bref, vous l'aurez bien évidemment compris j'ai vraiment plus qu'adoré et je pense qu'il faut savoir saluer un film aussi personnel que celui-ci qui témoigne d'une réelle originalité tant il parvient à faire resurgir en nous tout le poids du passé et de la mélancolie qui s'attache nécessairement à celui-ci.
J'aurai vraiment aimé que le film soit en compétition lors du festival et non pas simplement dans la catégorie Panorama mais quoiqu'il en soit, Jonah Hill est incontestablement parvenu à s'imposer comme un auteur à part entière et à ainsi marquer de son empreinte la Berlinale 2019. Respect !

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