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Dès l'introduction, Octave, le héros, un « concepteur publicitaire », nous énonce ce leitmotiv qui correspond parfaitement à sa vision matérialiste de la vie : « tout est provisoire : l'amour, l'art, la planète Terre, vous, moi... surtout moi. », avant de se jeter du haut d'un immeuble. Introduction qui n'est pas sans rappeler celle de La Haine, très accrocheuse, avec cette phrase qui percute tout de suite, comme une morale, et qui peut décrire le film tout entier.

Octave se présente : c'est une personne hautaine, antipathique, et égocentrique. Il est malgré tout conscient de ce qu'il est (une personne abjecte) et du monde qui l'entoure, ce qui le rend encore plus détestable. Tout comme la publicité, Octave soigne son image extérieure mais ne se soucie guère de ce qu'il est ou ressent vraiment à l'intérieur. Et tout comme la publicité, il n'évolue que dans la superficialité. Il excelle professionnellement autant qu'il échoue émotionnellement. On ne peut s'empêcher de penser à Patrick Bateman d'American Psycho, à la fois intelligent et dénué de sentiment, qui porte un regard sur l'homme et la société aussi réaliste que cynique. Le parfait requin dopé à la coke à longueur de journées qui considère son prochain comme une proie, incapable d'empathie.

Puis il y a cette annonce d'un enfant à venir qui va venir faire l'effet d'une bombe dans sa tête. Il s'en suit une descente aux enfers d'un homme qui réalise peut-être à ce moment la futilité de sa vie. Après cette annonce son comportement devient peu à peu autodestructeur et il préfère se réfugier un peu plus dans la drogue plutôt que d'assumer ses responsabilités. Cet aspect dépressif du personnage d'Octave rappelle beaucoup Don Draper de Mad Men (qui est sortie 2 mois avant le film), avec notamment la référence d'un homme qui tombe du haut d'un immeuble, comme dans le générique de la série, métaphore d'un homme mal dans sa peau qui ne parvient pas à contrôler sa vie.

Du côté de la réalisation, Jan Kounen excelle. Chaque ambiance est très travaillée, qu'elle soit sobre ou complètement déjantée façon Las Vegas Parano (film qui est particulièrement référencé dans la scène cartoon de la voiture). Il réussit habilement à jouer avec le rythme et nous tenir en haleine, on vit de grands moments de tension avant de retomber brutalement dans le silence le plus total. On se marre juste avant d'être choqué. Il faut aussi noter la qualité du jeu de Dujardin qui arrive, par moment, à faire de ce personnage horrible un être attachant.

Ce film est une très bonne surprise pour ma part, tous les ingrédients sont là pour un bon film : le scénario nous balade jusqu'à la fin, la réalisation très juste, de bons acteurs et une BO bien choisie. Je le conseille vivement car je n'aime généralement pas les films français mais celui la sort vraiment du lot.
Aphex
9
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Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films de descente aux enfers et Les films aux meilleures bandes originales

il y a 8 ans

34 j'aime

3 commentaires

99 Francs
Aphex
9
99 Francs

Mensonge de publicitaire

Dès l'introduction, Octave, le héros, un « concepteur publicitaire », nous énonce ce leitmotiv qui correspond parfaitement à sa vision matérialiste de la vie : « tout est provisoire : l'amour, l'art,...

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il y a 8 ans

34 j'aime

3

99 Francs
Toki
8
99 Francs

L'homme est un produit comme les autres...

... et Jan Kounen nous le montre bien. 99 Francs fait parti de ce genre de film qu'une partie de la population va adorer, aduler et regarder jusqu'à connaître la moindre réplique par cœur, quand...

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il y a 11 ans

28 j'aime

3

99 Francs
EcceLex
7
99 Francs

Soigner le mal par le mal (ou en tout cas essayer)

Avec 99 francs, il faut commencer par la fin et comprendre dès le début que tout cela n'est qu'une arnaque. Le film s'amuse à dénoncer la publicité tout en revêtant lui-même la forme d'une publicité...

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il y a 12 ans

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Aphex
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Aphex
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