Des élections prévisibles

Avis sur American Nightmare 3 : Élections

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Après nous avoir fourni une purge chaque année, il aura fallu attendre deux ans pour voir ce troisième volet. Le premier American Nightmare était un home invasion classique n'exploitant pas une excellente idée. Le second Anarchy fonctionnait grâce à son ambiance nerveuse et angoissante. Ce troisième volet ne parvient pas à franchir un nouveau palier, au point de retomber dans les errances du film originel.

De Los Angeles à Washington. La ville est différente mais l'idée reste la même avec la fameuse purge de plus en plus décriée, mais tant appréciée par les nantis profitant de cette nuit de terreur pour s'enrichir, en appauvrissant la population soumise à leurs lubies financières dévastatrices.
L'action se concentre sur deux équipes qui vont forcément unir leurs forces à un moment où un autre, grâce à un heureux et invraisemblable hasard. On identifie aussi très rapidement celui qui va nous quitter avant la fin. C'est tellement prévisible, qu'on attend un peu de violence pour assouvir nos instincts les plus obscurs. Là encore, on ne trouvera jamais un peu de joie sanguinolente, en l'absence de scènes fortes et surtout de qualités. James DeMonaco est à la réalisation depuis le début, pourtant il ne semble pas en mesure d'élever son niveau pour nous régaler. L'absence d'un méchant d'envergure, gâche le plaisir. On a quelques figures antipathiques, mais on les voit peu et ils vont se faire éliminer assez facilement. Décidément, tout est fait pour ne pas me procurer ma dose de sensations fortes.

Son côté subversif se retrouve diluer dans les scènes d'action filmées sans génie par James DeMonaco. Il a aussi la particularité de rendre Frank Grillo fade, alors que si vous suivez l'excellente série Kingdom, on sait qu'il a du talent plein les cheveux. C'est comme avoir Stephen Curry et lui interdire de shooter à 3 points, une aberration.
L'effet de surprise est émoussé. Le film n'offre pas une nouvelle variation sur la purge et recycle lamentablement ses idées aperçues dans les précédents opus. Alors que cela semble être une course-poursuite entre la gentille femme blonde voulant mettre fin à cette violence annuelle et ceux qui veulent qu'elle prospère indéfiniment. On se retrouve avec une nouvelle ballade dans les rues, mais sans avoir vraiment l'impression d'y être. Les exactions sont aperçues à travers les vitres d'un fourgon venant apporter des soins aux blessés. On passe d'un lieu à un autre, en évitant de rester dans les rues. On ne croise pas de visages terrifiants, en dehors de deux pétasses réclamant des bonbons au sympathique épicier du coin. Pour mettre leurs folies juvéniles en lumières, James DeMonaco use d'effets clipesque et va mettre à mal nos rétines. Elles ressemblent à Rihanna et Azealia Banks, deux icônes du mauvais goût et de la provocation faussement vulgaire. Elles se cachent sous des masques, avant de montrer leurs visages transpirants l'insolence. C'est d'ailleurs dommage, de les enlever. On sait très bien de qui il s'agit et cela offrait un peu d'absurdité dans cette violence trop aseptisée.

Les méchants blancs catholiques et nazis, arborent fièrement le drapeau confédéré. Il n'y a pas d’ambiguïtés sur leurs intentions, elles sont purement financières et racistes. On ne peut que leur souhaiter une mort lente et violente. Face à eux, se dresse fièrement une femme blonde traumatisée par une purge dans son enfance. C'est blancs contre blanche avec le soutien des noirs et latinos. Cela ressemble un peu au navrant Tarzan, ils ne peuvent s'en sortir qu'avec l'aide d'un(e) gentil(le) blanc(he). Que serait le monde sans eux ? Il y aurait des guerres, des inégalités sociales, des.... oh wait, c'est malheureusement le cas. C'est assez marrant de voir cette dame dire à un homme blessé "ça doit être cool d'être un gangster", dois-je préciser qu'il est noir ? Elle va même remettre dans le droit chemin un leader noir en un battement de cils. Elle apporte sa bonne parole, tel un prédicateur dans le cœur des gens en perte de repères, c'est un ange descendu de sa grande maison d'un quartier bourgeois.

Les élections ne m'ont pas tenu en haleine. La faute à une absence de suspense et de tension. Dans ce marasme, on ne retiendra pas grand chose, ni un acteur où une scène sort du lot. Cela se regarde, même si parfois nos yeux vont être malmenés. Mais au final, on en ressort avec une impression de déjà vu et on oubliera facilement cette séance.

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