Après un premier épisode sous forme de home invasion et un deuxième qui s'élargissait aux rues de Los Angeles mais traitait de vengeances personnelles, American Nightmare 3 passe une nouvelle étape en se délocalisant à Washington, DC et en se centrant sur des enjeux politiques qui vont affecter toute la population des USA.


Il y a donc une vraie progression dans la trilogie, et le spectateur a l'impression de voir un arc scénaristique mené jusqu'au bout de manière plutôt cohérente.


Sur un postulat de base séduisant mais a priori absurde (une nuit par an, tous les crimes sont permis, ou presque), James DeMonaco arrive à construire une société dystopique post-contemporaine qui tient la route. Certes, on pourra ici et là remettre en question la crédibilité de ce système, et être frustré de voir que certains points prometteurs soient à peine esquissés, mais il y a tellement d'idées intéressantes (comme la mode du murder tourism évoquée ici) qu'on accepte de se laisser emporter avec plaisir.


American Nightmare 3 est d'ailleurs certainement le plus abouti des 3 épisodes. Celui dont le scénario est le plus cohérent. Les quelques raccourcis ou deus ex machina sont préparés d'une scène à l'autre et s'inscrivent parfaitement dans le déroulement d'une intrigue qui ménage de nombreux rebondissements. Les personnages eux-mêmes sont bien brossés -- de manière certes un peu archétypale -- et ne se laissent pas aller à des décisions improbables voire absurdes (ce qui plombait le scénario de l'épisode 1). Chacun a son rôle à jouer, chacun apporte quelque chose.
Le lien avec l'épisode 2 se fait grâce au personnage de Frank Grillo, dur-à-cuir sans être surhumain, dévoué jusqu'au bout au sénateur Charlie Roane (Elizabeth Mitchell), candidate à la présidence idéaliste qui semble être une version lumineuse (et intelligente) de Sarah Palin.


Sur ce point, le propos du film lui-même est rafraîchissant. Enfin une série B violente et parfois jouissive qui n'est pas là pour flatter les bas instincts conservateurs du spectateur. Certes, il y a du sang et des morts (et certains font d'ailleurs bien plaisir), mais le message ultime tend vers un certain idéal démocratique et égalitaire.


Cela étant dit, il ne faut pas non plus penser que la trilogie American Nightmare ait des prétentions auteurisantes. Elle se conçoit avant tout comme un divertissement, qui gagne en intérêt à chaque épisode et a la bonne idée de proposer une conclusion qui n'ouvre pas vers une possible franchise sans fin.


Pour de la série B, c'est de la très bonne qualité.

ycatlow
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le 17 juil. 2016

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ycatlow

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