Réalisateur de films pour le moins familiaux, Robert Zemeckis s'est attaqué pour le début des années 2000 à un genre qui lui était alors inédit : le thriller. Car oui, Apparences est bel et bien un thriller et le long-métrage porte bien son nom (français). Le film possède un rythme et une structure assez inégaux, Zemeckis trompant constamment le spectateur grâce à des retournements situations quasi-omniprésents...
Commençant comme un thriller classique que n'aurait pas renié Alfred Hitchcock, Apparences continue son chemin vers une tournure presque fantastique avant de terminer par du thriller à nouveau. Notre héroïne campée par la trop rare Michelle Pfeiffer serait-elle paranoïaque ou s'ennuie-t-elle peut-être seule chez elle et s'imagine une histoire fantasque ? Le spectateur ne sait que trop en penser et suit avec plaisance son enquête personnelle...
Le scénario monte et monte encore et n'épargne pas les moments de suspense intense ou encore les sursauts inattendus, Zemeckis usant ici très peu d'effets spéciaux pour nous mettre le trouillomètre à zéro. Il réussit néanmoins à brillamment dérouter son public et permet à Harrison Ford de changer son fusil d'épaule pour un rôle inhabituel des plus délectables. Ainsi, Apparences possède une réalisation soignée, un scénario captivant jamais rébarbatif et sans cesse surprenant, des acteurs bien dirigés et de bons moments de frayeurs, mais n'échappe pas à un final hollywoodien grand-guignolesque un peu tiré par les cheveux. Quoiqu'il en soit, Robert Zemeckis a surpris son monde, chose qu'il a l'habitude de faire depuis belle lurette.