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Aquaman par Christine Deschamps

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Quand on a des pattes de canard, un bec de canard et des ailes de canard, on ne peut être qu'un canard. Eh ben c'est pareil pour les films de superhéros. Comme disent les politiques depuis la dernière présidentielle, "ça coche toutes les cases": un héros sans peur et sans reproches, plutôt sympa, qui ne se prend pas au sérieux - ça change de Batman - une nymphette aux bonnets avantageux, quelques stars venues cachetonner pour payer leurs impôts, des postiches, des bébêtes pharamineuses, des talons compensés, du latex, des batailles homériques, des couleurs improbables, et un scénario qui tient sur une puce électronique dernière génération. On sait où on met les pieds, et je ne vais pas redire ce que les autres spectateurs ont déjà tous certainement dit. Alors hop, direction les petites idées qui m'ont dérangée pendant le visionnage de ce navet pompeux et parfois jubilatoire, par-ci par-là. Et ça fait partie des choses qui m'ont interpelée : le réalisateur n'est vraiment au top que dans les scènes de guerre. Là, il pousse les murs et ça devient spectaculaire, alors que les dialogues ou les moments plus intimistes sont carrément loupés. Et moi, j'en ai ma claque de la baston majuscule intergalactique - même sous l'eau - et de la logique de conflit qui débouche toujours sur le pire avant que les bons sentiments ne reprennent le dessus dans les 5 dernières minutes. Je me dis - mais bon, je suis trop vieille pour ces âneries - que c'est un exemple détestable à offrir à la jeunesse, et qu'on vaut mieux que ça, comme espèce. Je n'arrive plus à prendre cette désinvolture à la légère. Pourtant, les plans de la bataille finale mériteraient des éloges techniques... Un autre point d’achoppement, c'est la vision futuriste des cités sous-marines. Qui rappellent la ville aquatique de Jar-Jar dans l’Épisode I ou le Walhalla de Thor ou encore le Wakanda de Black Panther... Si, comme vision idyllique, on n'a à nous proposer que des fourmilières bondées sans végétation et où la faune est réduite en esclavage, j'aime mieux faire l'impasse sur le progrès. Elles se ressemblent toutes, mais les vaisseaux aussi et les costumes de même. Aurait-on atteint le bout de l'imagination des créatifs de studio ? C'est désolant. Même les rêves sont normatifs, de nos jours ? Ben bien ! Les monstres ont tous la même tête aussi, le tentacule est à la mode et les rangées de dents dépareillées aussi. Soupir. En fait, on voit sans arrêt le même film. Ne parlons pas de la structure narrative, ultra-conventionnelle. Il me reste à écorcher la prestation de Nicole Kidman, qui s'éloigne à grandes enjambées de la fourchette accessible au regard humain (je suis tentée de lui laisser mon numéro pour qu'on cause régime et chirurgie entre femmes d'un certain âge, ça pourrait lui (r)ouvrir les yeux... ^^) et les scénaristes qui réduisent les deux femmes au milieu de milliers d'hommes à des rôles caricaturaux... ça n'est pas parce qu'elles savent mieux se battre depuis Wonder Woman ou qu'elles ont du (sale) caractère qu'elles sont intéressantes ou traitées équitablement... Mais ça, je renonce à voir une évolution de mon vivant. Enfin, voilà, c''est clinquant et cérébralement light, comme disent les journalistes depuis la dernière présidentielle, "ça fait le job". Si tous les films étaient comme ça, je signerais là mon dernier texte...

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