Voir l’histoire par un Judas

Avis sur Ben-Hur

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Judah Ben Hur version 2016 a la poisse:

  • il porte le nom du traître absolu (mais il ne le sait pas encore).
  • Il habite à Jérusalem à une époque où les maisons sont toutes construites le long des falaises (là je n’ai aucune idée de la réelle configuration d'aujourd’hui donc encore moins à l’époque, mais ça me semble un peu casse gueule)
  • Il a un charisme de poulpe, mais dans son malheur il a de la chance puisque son frère adoptif Messala lui fait concurrence dans le domaine
  • Il passe après Charlton Heston et ses jupettes, et il a bien du mal à rivaliser, pourtant il a tout essayé: pantalons rappelant le jean’s, sweats à capuche façon “la banlieue c’est swag”.
    D’ailleurs tout le monde semble s’être accordé dans le film pour mettre le pantalon ou pantacourt à la mode, même les romains, comme s’il fallait exorciser le traumatisme du film précédent et ses interprétations ambiguës de la relation Ben-Hur/Messala.

Alors quoi? On nous aurait trahi en proposant un péplum au rabais?

C’est un peu l’impression qu’on a en sortant de la salle parce que le seul acteur de renom du film, Morgan Freeman fait de la figuration façon poulpe - lui aussi, mais posé sur la tête pour se fondre dans le décor.
Les costumes évoquent immanquablement la série télé du dimanche après-midi, on a mal quand on découvre le pantalon blanc d’Esther et ses belles coutures faites avec une machine à coudre (datant sans aucun doute de l’antiquité, allez savoir!).

Les décors ne sont pas toujours folichons, même si le cirque a quand même un petit quelque chose qui vient nous prendre par la main pour nous dire “regarde comme c’est beau et grand, et émerveille toi”.
On aimerait bien l’ami, on aimerait bien.

Seulement on ne peut pas, parce que même l’histoire est malmenée: quelques petites modifications changent la donne: ici le conflit est plus teinté politiquement avec la révolte des zélotes, Judah se voit condamné pour un acte qui ne peut pas être vu comme un accident, rendant la notion d’injustice beaucoup plus diffuse que dans le roman ou dans le film de 1959.

On voudrait bien dire que le film pâtit d’un temps trop restreint pour ce qu’il veut nous raconter, mais honnêtement si les premières scènes n’arrivent déjà pas à convaincre, c’est que le problème est ailleurs.

Finalement le seul qui arrive à nous faire un peu croire qu’il a quelque chose à nous montrer est celui qui joue Jésus, mais peut être qu’il tient sa classe de la rareté de ses apparitions.

Préférez les jupettes de Charlton Heston, parce que c'est toujours dans les vieux pots blablabla....

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