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Attention zone minée et spoilée.

Booooooooooon, alors, pour moi, Lynch, c'est Dune, ça partait mal, je me suis endormi devant. Des années plus tard, ma copine et moi décidons de nous atteler à parfaire notre cinématographie et fatalement y a un Lynch qui devait tomber. C'est sur Blue Velvet que notre dévolu se porta et deux heures plus tard, deux très longues heures plus tard, le malaise est là avec une question lancinante.

Sommes-nous deux vils cuistres ou cette chose qui se fait appeler film est un étron magnifique ?

La question mérite d'être posée quand on voit l'aura dont semble jouir le bousin... Et vas-y qu'on glorifie le plaisir que prend Lynch à malmener une Amérique puritaine et v'là qu'on encense Franck aka le bad guy du film pour sa noirceur et sa folie ou encore qu'on fasse de ce truc une claque dans le petit monde du film noir. Je dis non bordel ! Non ! Jamais ! Au mieux, le film a mal vieilli, au pire, il est totalement surcoté par des gens en adoration devant Lynch. Oui Monsieur, je suis bassement binaire !

Résumé des faits.

On suit Jeffrey, un random quidam, dont le père a eu une attaque en arrosant son jardin de pavillon de banlieue américaine, qui quitte donc sa fac quelconque pour voir son daddy hospitalisé. En sortant de l'hosto, il croise une oreille par terre dans un terrain vaguement vague et comme y avait pas d'Iphone dans les années 80, il la ramasse et la fout dans un sachet, qui trainait miraculeusement là, pour ensuite aller à la police où il refile son oreille à un inspecteur qui est Ô chance le père d'une nana, Sandy pour ne pas la nommer, qu'il connaissait d'avant et là, c'est le drame. Déjà parce que cette phrase était horriblement longue et puis parce que le film nous plonge à corps perdu dans... Un trip parfaitement mystérieux.

Après une vague convers avec ladite nana qui lui apprend qu'une autre nana baptisée Dorothy serait mêlée à l'affaire, elle le sait, elle a entendu son père flic dans son bureau sous sa chambre (ou un truc du genre), notre Jeff décide alors de... devenir détective ! Ensuite tout s'enchaine, il s'infiltre chez cette fille en tenue de décafariseur, vole la clé de l'appart qui devait trainer, croise un type qui s'avérera être un flic corrompu dans une intrigue sans intérêt, revient dans l'immeuble la nuit, se planque dans un placard, se fait gauler comme un bleu par Dorothy, dont la sexualité à l'air un peu chahutée puisqu'elle l'oblige à se foutre à poil en vue de lui pratiquer une fellasturbation, on ne sait pas trop vu la position de sa tête, comme ça, direct, à froid... Alors soit Jeff a un python dans le slip, soit elle aurait du jouer avec Play-Doh dans sa jeunesse pour être plus malin avec ses mains. Et ces phrases sont aussi beaucoup trop longues d'après un sondage réalisé auprès du système respiratoire d'un panel de 1754,5 personnes.

On reprend son souffle, le meilleur du pire arrive.

Un gars fâché avec un Oedipe mal vécu débarque, un certain Franck Booth ( ouais Booth comme l'assassin de Lincoln, d'où le clin d'oeil subtil avec le nom de rue dans le film Lincoln ST). Brefouille, s'en suit une scène bizarre de vague viol à base de tais-toi salope, de bébé, de papa, de maman, de monologue du vagin avec une dizaine d'année d'avance et salut merci bonsoir. Franck se casse après cette scène gênante de WTFisme, Jeff trouve une photo, comprend illico que mari de Dorothy et enfant de Dorothy sont détenus en otage par Francky pour assouvir ses fantasmes déviants auprès de la belle.

Pis voilà, après, c'est gêne sur gêne avec Jeff qui copule avec Dorothy visiblement ravie qu'il ait mis son mal en elle, une histoire d'amour artificielle entre Jeff et Sandy, Sandy qui nous raconte ses rêves à base de rouges-gorges, Jeff qui enquête, Jeff qui se fait choper par Franck, Jeff qui se fait tabasser par Franck et blablabla. Dénouement final, Franck se fait tuer par Jeff, Jeff finit avec Sandy, Dorothy avec son fils, son mari ayant été tué dans l'indifférence générale et on finit sur un rouge-gorge dégueulasse, sans doute fabriqué par la maternelle du coin pour la fête des mères, et du soleil partout parce que la symbolique, c'est bien.

C'est sommairement résumé mais je ne pouvais faire guère mieux tellement ce film est vide et bourré de scènes catastrophiques. La scène où Franck abuse de Dorothy avec son respirateur à la main et son nez dans le vagin est parait-elle culte. D'accord mais en quoi ? Hormis parce que c'est nanardesque tellement c'est mal joué et ubuesque ? Dès le départ, ce film m'a perdu, je ne peux suivre un héros dans son délire de se lancer dans une enquête qui le dépasse juste parce qu'il est curieux comme un gosse, je ne peux pas croire dans son histoire avec Sandy alors qu'il tronche Dorothy comme si c'était sa première fois avec une femme. Je ne peux même pas croire dans l'histoire de Dorothy qui s'entiche de Jeff sans raison autre que de l'avoir vu à poil (il a peut-être vraiment un python dans le caleçon...) et alors qu'elle semble s'en battre royalement les steaks de son mari.

C'est simple, je m'attendais à ce que le héros se réveille d'un gros bad trip vers la fin ou mieux que le film ait les couilles de se terminer quand Jeff se barre de l'appart de Dorothy en disant qu'il en a marre et que ça ne le concerne plus après avoir trouvé le cadavre du mari de l'autre et celui du flic corrompu qui est en plus comme par hasard équipier du père de sa prude Sandy (y avait pas moyen de la rendre encore plus immaculée d'ailleurs ? Ah si, en lui collant une robe d'un blanc éclatant, encore une fois, la symbolique tout ça). Là, je n'aurais pas applaudi mais j'aurais adoré le parti pris avec le héros qui se rend compte que cette histoire est trop grosse pour lui.

Conclusion, je ne peux pas croire dans ce film parce que tout est artificiel, les sentiments, les buts, les situations, les mises en scène, rien ne tient debout, le tout avec des acteurs qui jouent mal, oui, je pense à toi Sandy quand tu penses comprendre que ton Jeffou a couché avec Dorothy parce qu'elle gueule "IL A MIS SON MAL EN MOUHAH", ce qui, soi-dit en passant, est ensuite complètement évacué du film avec le pardon le plus facile de l'histoire, par téléphone (heureusement que les SMS ou Twitter n'existaient pas à l'époque). "Sandy, je t'aime", "Jeff, je t'aime", "Cool, on fait comme ça, maintenant, je vais voir ce qui se passe chez Dorothy et on finit le film", "Okay, des bisous !". Bon bah, des bisous...

Morthys
2
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il y a 6 ans

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4 commentaires

Blue Velvet
Quantiflex
10
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