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Au royaume de l'acousticien, le silence est roi, mais pas ici...

Derrière ce titre se cache la frustration que j'aie ressenti durant tout le film. Il y a pourtant de nombreux atouts. Les acteurs sont globalement tous très bons et interprètent particulièrement bien leurs personnages.

La tension croissante qui se développe à l'intérieur du protagoniste est bien communiquée au spectateur, que ce soit par des plans serrés permettant à Pierre Niney de développer tout son jeu ou par des séquences en rotation qui sont astucieusement utilisées, on se retrouve pris dans cette enquête où un rien nous fera basculer dans le complotisme ou le vérité. Les quelques retournements de situation permettent de relancer l'intérêt pour l'intrigue qui semble s'étirer un peu par moments. Même si le dernier "retournement" est un peu tiré par les cheveux, on ne comprend pas bien comment

un homme qui accepte de dissimuler des preuves, puis qui réalise secrètement une vidéo dénonciatrice dans la foulée, peut disparaître du jour au lendemain sans avoir laissé plus de traces que ça


. Cependant le scénario est parfois bancal et peine à relier les différents points de son histoire, à l'image

des dossiers ultra confidentiels stockés sur l'ordinateur portable de la compagne et protégé par un mot de passe digne de "kikidu94"


. Les plans restent quant à eux globalement très classiques dans le cinéma français et certains me feraient même penser à un téléfilm. La photo est sympathique même si assez convenue.

On retrouve afin quelques très belles idées de mise en scène.

Cependant, là où le film perd facilement 1 à 2 points pour ma part, c'est la destruction à grands coups de pieds au montage du concept même du film. Le film s'ouvre sur un personnage extrêmement sensible au bruit, les sons sont souvent distordus, les acouphènes sont très réguliers et présents tout au long du film, mais surtout, le film annonce la couleur : le protagoniste a besoin d'isolement sonore. L'utilisation des écouteurs intra-auriculaires réducteurs de bruit ou d'un casque à son travail sont très intéressantes et laissent penser que le film va laisser la place aux silences, contrebalancés par les bruits naturels qui viendraient chambouler les perceptions du protagoniste.

Mais que nenni, j'ai rarement autant eu ce sentiment de cacophonie. Les scènes de tension sont couvertes par des musiques banales au possible afin de baliser les sentiments du spectateur : adrénaline, peur, tristesse, désespoir... Le résultat : on perd tous les petits bruits du décor qui auraient pu servir à créer de la tension. Il aurait été possible de nous faire réellement ressentir tout au long du film les petits détails qui sont perçus par le protagoniste, renforçant l'identification et l'immersion. Je pense notamment à une scène dans une maison où les bruits environnants servant de justification à l'action (bruits de pas, discussions, portes, grincements) sont couverts par une musique "stressante" (qui finalement... ne l'est pas).
Second bémol : l'antagoniste principal est caractérisé de façon bien trop grossière, à l'image des "grands méchants" contre les "supers héros". Je n'ai pas réussi à croire en ce grand méchant. Je ne l'ai pas trouvé particulièrement inquiétant.

Je suis donc mitigé face à ce film.
J'ai envie de l'aimer pour son idée, ses acteurs, leur direction, le scénario, mais pour ma part, j'ai la sensation que le contrat promis au début du film n'est pas honoré : celui de m'embarquer dans l'enquête qu'un homme ultra sensible aux sons. J'ai donc passé l'intégralité du film à m'imaginer pouvoir désactiver la piste musicale au montage.

Adorateur
7
Écrit par

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