Un film banal, une fin mémorable

Avis sur Breathe In

Avatar Hugo Grellié
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Une famille américaine composée d'un couple et de leur fille accueille une étudiante anglaise dans le cadre d'un programme d'échange. Une romance naît entre elle et le père de famille. Œuvre de Drake Doremus, à qui l'on doit aussi « Like Crazy », finalement assez similaire.

Un plot intéressant et assez maîtrisé mais qui se heurte à l'incapacité (ou plus probablement le manque de volonté) du réalisateur à se détacher des codes du genre. Le film ne parvient ainsi jamais à sortir des sentiers battus. Il n'en reste pas moins efficace dans la construction de la relation entre les deux personnages principaux ; Guy Pierce notamment convainc dans le rôle de Keith Reynolds, un quadragénaire qui regarde sa vie et se rend compte de ce qu'il a sacrifié pour fonder sa famille. Le film est finalement assez peu mémorable, si ce n'est pour sa fin.

[Échelle du spoil : 10/10] La dernière scène est remarquable et c'est d'ailleurs l'unique raison pour laquelle j'écris cette chronique sur un film tout au plus agréable à regarder. Le cynisme dont elle fait preuve tranche radicalement avec l'aspect convenu du reste de l’œuvre. Revenons-y donc : au tout début du film, nous voyons cette heureuse famille se faire prendre en photo, tout sourire, pour compléter, nous l'imaginons, l'album familial. Lorsque notre petite anglaise intègre le scénario dans la suite du film, elle contribue alors à fissurer progressivement ce cocon familial jusqu'à, peut-être, le détruire complètement. C'est en tout cas dans ce sens que l'intrigue progresse à mesure que la tension érotique monte entre les deux protagonistes et, finalement, lorsque le pot aux roses est découvert.
Mais alors vient la dernière scène, identique à la première – que nous avons mentionné. Un élément toutefois (une cicatrice sur le visage d'un personnage) nous fait nous rendre compte que cette scène idyllique ne s'est pas déroulée avant l'intrigue du film comme nous le croyons auparavant mais bien après, et sans doute même peu de temps après. Et donc que la mise en scène de la famille heureuse pour la photographie est exactement ça : une mise en scène. Tout en non-dits, on comprend que cet épisode romantique est devenu une simple mésaventure qu'il est plus facile d'oublier que de confronter. Keith Reynolds joue sa carte « sécurité » et ré-adopte la situation qui était la sienne avant le film, avec les mêmes doutes et compromis qui ne lui satisfont pas. Nous ne savons pas ce qu'il advient de l'étudiante parce qu'elle n'importe plus ; en fait, elle n'a jamais existé.

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