Une chronique véritablement marquante !

Avis sur Chronicle

Avatar Sébastien Decocq
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Depuis quelques temps, on pouvait croire que le cinéma subjectif restait au point mort question genre, à savoir l’horreur. A part un réussi Cloverfield, nous avons toujours eu droit à du Projet Blair Witch, du [REC] et plus récemment Paranormal Activity, Le Dernier Exorcisme ou encore The Devil Inside. Jusqu’à 2012, année qui nous propose enfin de la diversité avec Projet X et Chronicle. C’est d’ailleurs sur ce dernier que nous nous intéressons ici, film subjectif qui aborde le sujet des super-héros. (ATTENTION, SPOILERS !!)

Après avoir été en contact avec un mystérieux objet découvert lors d’une fête, trois lycéens se découvrent des super-pouvoirs. Dès lors, ils vont se mettre à exécuter des tours de télékinésie pour s’amuser, découvrant petit à petit leur sensation de puissance, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’il existe des limites à ne pas dépasser. Des limites que l’un d’entre eux semble ignorer.
Scénario bateau, avec sa tonne de clichés (ado solitaire devenant plus cool après l’acquisition de ses pouvoirs, « un grand pouvoir implique de grande responsabilité »…) me diriez-vous ? Sur le papier, c’est sûr ! Mais Chronicle est loin, très loin d’être le divertissement pour ados que nous laisser présager la bande-annonce (qui ne montrait que les farces que les lycéens effectuaient en public). Au final, le film étonne grandement ! En effet, le scénario s’intéresse tout particulièrement qu’à un seul adolescent, tourmenté (replié sur lui-même et vivant dans son monde, tête de au lycée, ayant un père alcoolo et une mère gravement malade), dévoilant une grande richesse d’écriture ! Même si les autres protagonistes ne sont pas aussi travaillés, le personnage principal qu’est Andrew en devient que plus réaliste, plus touchant. Bien loin de ce qu’on pouvait penser de lui dans la bande-annonce (un ado devenant fou comme ça… alors que là, le fait qu’il ne se sente pas aimé des autres est compréhensible). Pour arriver à un final explosif (on ne pouvait y échapper) qui confirme le travail d’exception apporter à ce personnage. Avec un scénario captivant, comme ne pas accrocher dès le début ?

Pour ce genre de film, là où on peut avoir quelques frayeurs, c’est bien du côté des acteurs. Et pour cause, le fait que le cinéma subjectif suppose que ce qui est filmé semble réel, les comédiens doivent avoir un jeu de qualité pour faire croire à ce sentiment de réalisme. Et pour Chronicle, il est heureux de voir les comédiens s’en sortent. Il est très facile de croire à leur franche camaraderie, surtout lors des farces publique ou bien pendant les phases de vol. Et quand il s’agit de tomber dans le sérieux, l’effet prend également ! Mais tous sont surpassés par le jeune Dane DeHaan, qui parvient à rendre le personnage d’Andrew bien plus crédible que les autres (aidé par le scénario), notamment lorsque celui-ci entre des crises de folies ou de tristesse à la puissance émotionnelle certaine !

Après, il faut bien avouer que sur le plan technique, Chronicle ne se montre pas aussi parfait. Commençons par la mise en scène ! Etant dans le cinéma subjectif, l’un des personnages du film enregistre et porte la caméra lui-même. Ici, c’est Dane DeHaan / Andrew qui s’occupe de ce poste. Or, par le biais de ses pouvoirs, il peut contrôler sa caméra à distance. Idée originale qui trouve très vite ses limites, montrant dans un sens qu’il y a vraiment un réalisateur derrière, enlevant un peu de réalisme. Surtout lors de l’affrontement final, où par moment, on se demande bien si c’est filmé de manière classique, après un enchaînement de support vidéo (caméra de surveillance, jumelles de militaires, portables de témoins, caméras de journaliste…). Un switch visuel maladroit, avec en prime des effets numériques pas vraiment à la hauteur de ce que l’on avait vu dans Cloverfield (tout ce qui est fait par ordinateur est bien trop voyant…). Mais fort heureusement, ces détails techniques n’enlèvent en rien le charme de ce film, nous rappelant finalement qu’il ne s’agit que d’un film à petit budget (12 millions de dollars) qui veut surprendre plutôt que de nous en mettre plein la vue !

En sortant du chemin de l’horreur pour ce centrer sur un genre plus grand public que celui des super-héros, le cinéma subjectif trouve avec Chronicle un nouveau souffle d’originalité et de qualité, rapprochant le film de Josh Trank au sommet du genre, aux côtés de [REC], Cloverfield et District 9 (bien que ce dernier ne soit pas entièrement subjectif).

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