Un malheureux été

Avis sur Chronique d'un été

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En conclusion du film, Edgar Morin se questionne à peu près ainsi: Si les auditeurs trouvent les intervenants soit cabotin ou exhibitionniste alors que nous cherchons au contraire à leur révéler la vérité à l’état pur, ça veut dire que c’est un échec ? Le documentaire s’est pourtant mérité le prix de la critique à Cannes en 1961. Au point de départ, les co-réalisateurs cherchent à connaître l’état d’âme des Parisiens. Êtes-vous heureux? That is the question. Pour y répondre ont fait appel à des personnes dont on semble déjà connaître la situation : un ouvrier d’usine, une amie italienne qui semble menée une vie délurée, des étudiants, des immigrés d’Afrique, etc. Lorsque l’on s’aventure dans le cinéma vérité, il ne faut surtout pas vouloir faire dire aux personnages ce que l’on veut entendre. Voilà une partie de l’explication du constat d’échec du célèbre sociologue. Et puis pour explorer les êtres et les situations dans toute leur authenticité, ne suffit pas de leur poser des questions autour d’une table. On peut tout de même sentir à travers l’entreprise les premiers bouillonnements de mai 68. Une prise de conscience du sentiment d’étouffement collectif et les lueurs d’espoir que laisse planer les mouvements de libération qui s’opèrent en Afrique et qui ont pour modèle la révolution cubaine. Malgré toutes les maladresses, la critique y a décelé un nouveau langage. C’est d’ailleurs ce nouveau genre qui fera la gloire de l’Office national du film du Canada dont le directeur photo Michel Brault, inscrit au générique, fut l’un des artisans les plus influents.

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