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Conan le spartiate

Avis sur Conan

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Je n'aime pas qu'on compare les remakes aux originaux. Il faut découvrir les films pour ce qu'ils proposent en eux-mêmes et si le remake s'éloigne de l'original pour apporter autre chose, tant mieux. Mais sur ce coup là, ça dépasse les bornes. Le Conan de Nispel, c'est vraiment la négation totale du chef d'œuvre de Milius, c'est l'anti-Conan, c'est un 300 déguisé en cimmérien.

Milius nous proposait la genèse d'un être hors norme en nous montrant, assez rapidement et subtilement, la complicité avec le père et la dévastation du village natal du héros. Nispel reprend ces mêmes bases et en fait une caricature ridicule. Conan est né sur un champ de bataille : nous suivons sa naissance de l'intérieur du corps de sa mère, éventrée par un ennemi. Parce que la mère de Conan, ce n'est pas n'importe qui ; perdant les eaux, elle défouraille de la main gauche en se tenant le ventre de la main droite. Finissant l'accouchement, le père vient pratiquer une césarienne à l'aveugle, d'une main, tandis qu'il regarde amoureusement, dans le même temps, sa femme rendre l'âme. On atteint la sommité de la grandiloquence guerrière, couillue et poilue, les limbes cinématographiques, quelque part entre le nanar et le navet. Et on n'en est pas à la cinquième minute !

Le film, dans sa volonté de singer les grandes structures du récit mythique, s'enfonce à chaque séquence dans les plus ridicules caricatures. Le monstrueux Conan de Milius se transforme ici en semi prince charmant, en Robin des bois défenseur des pauvres et des opprimés. Sa première phrase, dans le film, une fois adulte est : « No man should live in chains ». Ses opposants multiplient les mines patibulaires et diaboliques, là où, dans l'œuvre de Milius, ils étaient pour la plupart plutot flegmatique. Loin de l'opéra silencieux et long de Milius, Nispel nous envoie à la tronche un film boursouflé de scènes d'action, faisant intégrer à Conan les rudiments des arts martiaux en plus de ses habituels deférouaillages au glaive. Il n'y a pas cinq minutes de film sans combat à un contre dix. Le film est en plus de cela incroyablement bavard, débordant de dialogues d'exposition lourdingues. Rajoutez à cela des effets spéciaux infographiques hideux et des acteurs qui cabotinent (la palme revient à l'acteur jouant Conan enfant), et vous obtenez cet incroyable « truc », aux confins du nanar et du navet. Le film est en tout cas très intéressant à regarder pour ce qu'il est : un échantillon de la mode actuelle ; il combine tous les gimmicks à succès de ces dernières années. Conan se comporte par exemple en vrai « spartiate » à la 300, en glosant sur les qualités guerrières de sa race cimmérienne.

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