Dallas, ton buyers univers club impitoyâââ âable

Avis sur Dallas Buyers Club

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Inutile de revenir sur des choses évidentes, comme le parcours atypiquement prodigieux de Matthew McConaughey et le fait que le bonhomme soit devenu suffisamment intriguant pour que désormais on puisse voir un film uniquement pour profiter de sa performance.

Du symptôme d’Oscar au syndrome d’Icare

Et dès la bande-annonce (aguicheuse comme une pub de bagnole te faisant croire que tu ne rencontreras plus jamais un bouchon pour le reste de ta vie, une fois que tu l’auras acheté) nous étions fixé sur la catégorie dans laquelle boxait maintenant le texan. Visage émacié et instants dramatiques, maladie incurable et enjeu de société: hop ! en route pour les Oscars.

(Il faudrait juste que ce cher Matthew ne s’enfonce pas systématiquement dans ce genre de rôle, à défaut de perdre un public qui désormais le considère comme un artiste habité. La performance c’est une chose sur le moment, pas forcément une solution à long terme)

Soigner ma toux avec Matthew

Au chapitre «captain obvious», il est également sans fondement de rappeler qu’une histoire vraie étonnante (plus de la moitié de la production U.S. actuelle ?) ne fait pas automatiquement, loin s’en faut, un film intéressant. Pourtant, le contexte politique de l’histoire (le poids financiers des labos, le rôle de la FDA sous l’administration Reagan qui avait décidé qu’une maladie homosexuelle ne méritait pas de lourds investissements) rend le combat du bonhomme singulier.
Mieux, ce n’est pas tant la maladie qui est au centre du portrait, mais plutôt les effets que cette dernière a eu sur le regard que Woodroof portait sur les autres, sur le monde.

Matthew, mac connard gay

La bascule du connard hyper banal (bon, pas mac mais qui côtoie des putes. Puis bon, pas gay, mais qui côtoie bientôt les homos) vers le rebelle d’abord avide de blé, jusqu’à aller au presque docteur philanthrope, Ron la connait grâce essentiellement à deux personnes: une doctoresse au charme discret (Jennifer Garner) et un travello flamboyant : Rayon.
Et nous sommes alors obligés de nous arrêter sur l’autre très grande performance du film : celle de Jared Leto, décidément régulièrement impressionnant.

"J’arrête l’étau", ou l’acteur qui en connait un rayon

Oui, comme coincé dans un étau, entre une dépendance fatale aux drogues et la volonté d’épauler sérieusement Woodroof dans sa croisade, le personnage de Rayon (Raymond, dans une vie familiale lointaine) est tout aussi bien écrit que prodigieusement interprété. Ce genre de rôle tout en contraste qui permet, malgré de perpétuels excès, d’avoir envie de mieux connaitre cette grande folle fantasque et son milieu, à travers le regard de plus en plus attendri que nous portons sur lui.

Bref. Vous voyez le genre: un truc plutôt bien écrit, intéressant, mais dont on peut se demander ce que nous en retiendrions sans son interprétation magistrale. Cela dit, c’est déjà pas mal.
Assez pour me donner envie d’adhérer au club et d’acheter.

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