Charles attend son biopic

Avis sur De Gaulle

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Le roman national (mondial) aime mettre l’accent sur des moments forts, sur ceux qui ont fait basculer un conflit, qui ont permis d’en éviter, qui ont eu un impact.
On aime penser qu’un événement a réussi à infléchir le cours de l’histoire, oubliant souvent que les choses sont plus complexes.

Tout français ayant reçu un minimum d’éducation sait que le discours du 18 juin n’est pas que la base d’une blague “marronnier” qui joue sur l’homonymie entre “l’appel” et “la pelle”.
C’est de là que la formidable flamme de la résistance est censée avoir pris son élan, qu’un homme a dressé son imposante stature pour s’opposer à la coupable collaboration du régime de Vichy, c’est de là qu’est venue la France dont on est fier, celle qui gagne, qui se bat pour ce qui est juste.

Bref de Gaulle et l’aura qui l’entoure, on connaît, tant et si bien qu’il s’est trouvé peu de téméraires pour oser s’attaquer au mythe au cinéma.
C’est à dire que la statue n’est pas toujours aussi simple à déchiffrer selon où l’on se place: le De Gaulle de 1968 n’est sans doute pas le même qui demande à Pétain de devenir le parrain de son fils ou que celui qui choisit de s'exiler à Londres pendant l’occupation.

C’est justement parce qu’il est protéiforme que le grand homme est intéressant et qu’il y aurait eu matière à engager une réflexion. L’absence de polémique autour du film montre à quel point il est tiède. (ou alors s’il y en a eu elle était limitée au physique de Lambert Wilson)
Le parti pris de ne traiter qu’une courte période limite les interprétations.

C’est aussi pour cette raison qu’un film intitulé de Gaulle pourrait décevoir ceux qui voudraient revoir sa vie alors qu’il ne s’agit que des quelques jours précédant le fameux appel lancé à la radio.

Pendant son tournage, le film ne portait pas ce nom mais était appelé Libre, un titre moins vendeur mais plus exact parce qu’il se résume à une sorte de road trop pour la liberté de la famille De Gaulle.

Alors que garde-t-on de ce film? Des images de campagne “d’autrefois-la France” quand on pouvait emprunter des routes de campagne cabossées, mais qu’on y circulait bien moins en période d’exode, la vague impression que oui derrière l’homme de guerre et l’homme politique se cache un père de famille, un mari, un esprit libre qui refuse la reddition.
Mais est-ce vraiment une découverte?

Difficile de ne pas trouver le temps long en tout cas devant cette proposition dont le principal défaut est justement d’être peu inspirée.
On a bien un semblant de frissons quand vient l’heure du discours radiophonique, mais est-ce dû au film ou au fait qu’on connaît trop bien cette partie de l’histoire?
La place du biopic référence sur le général reste vacante, reste à savoir si on en a réellement besoin….

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