Carnage

Avis sur Dix-sept ans

Avatar gallu
Critique publiée par le

Au Pays de Caux, début des années deux mille, dans une famille désœuvrée et mutilée, Didier Nion fait le portrait de Jean-Benoit, « dix-sept ans », apprenti mécanicien. Adolescent attendrissant, aux joues d’enfant et au regard grave, Jean-Benoit s’abandonne parfois à la colère et au désespoir. Sa vie est celle d’un damné qui tente de s’extirper des malheurs dans lesquels il est né. Sans repère parental, issu d’une famille violente, dont il fut un temps tenu éloigné par la justice, il ne peut se reposer ni sur l’amour maternel ni sur l’autorité paternelle. La mère est absente et sans égard, le père s’est suicidé.

Dix-sept ans, c’est donc la chronique d’une lutte, la lutte d’un enfant qui souhaite plus que tout s’émanciper d’un passé douloureux et se construire. Il s’appuie sur un métier, la mécanique, mais surtout sur Hélèna, sa petite amie, patiente et douce. Le titre du film, malgré son anonymat, annonce bien l’idée d’une période charnière, l’âge de l’impatience, de la frustration, de l’immaturité, de la passion et de l’espoir. C’est la psychographie d’un jeune désœuvré, tissée plan par plan par un Didier Nion qui instaure avec son sujet un véritable partenariat. La différence entre ce genre de film et un épisode de Strip tease sera toujours flagrante. Dans la série de télé-réalité, le journaliste cherche la misère chez un bon client, capable de susciter le choc et la moquerie chez le téléspectateur-consommateur. La démarche de Didier Nion est rigoureusement inverse : c’est un acte d’amour, pour un jeune ami qu’il s’attache à dépeindre dans toute son humanité.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 663 fois
20 apprécient · 2 n'apprécient pas

gallu a ajouté ce documentaire à 2 listes Dix-sept ans

Autres actions de gallu Dix-sept ans