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Django Unchained par browncoat84

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La sortie d’un film de Quentin Tarantino est toujours un évènement et le réalisateur nous déçoit rarement. Mélange de sérieux et de fun, Django Unchained est un western badass et violent avec des faux airs de film de vengeance.

Django (Jamie Foxx), un esclave affranchi, fait équipe avec un chasseur de prime (Christoph Waltz) afin de libérer sa femme (Kerry Washington), prisonnière d’un cruel propriétaire de plantation (Leonardo DiCaprio).

Si plusieurs de ses films (Kill Bill 2, Inglourious Basterds) possèdent certains aspects du western, Quentin Tarantino ne s’était jamais réellement attaqué à ce genre qu’il affectionne pourtant. L’idée de Django Unchained lui vient en regardant deux westerns de la saga Django réalisé par Sergio Corbucci. L’ouest américain de ces films sombres et violents semble influencé par le fascisme qu’a connu l’Italie pendant la seconde guerre mondiale. C’est en cherchant l’équivalent américain, que Tarantino pense au Sud de son pays avant la guerre de Sécession et baptise le genre de son film « southern ».

Le réalisateur décide d’attaquer le traitement de l’esclavage de front en n’occultant aucun des aspects brutaux. La violence de certaines scènes est viscérale. Le spectateur ressort véritablement choqué par les sévices et la déshumanisation que subissent les esclaves parce que rarement vus au cinéma. Mais au milieu de tout ce sérieux, Tarantino n’oublie pas de livrer un bon divertissement. Avec son humour et son sens du dialogue, il se moque ouvertement de ce rassemblement d’hommes pré Ku Klux Klan se disputant au sujet des trous dans leurs cagoules, qui les empêchent de voir correctement.

Le récit lorgne aussi vers le film de vengeance. A l’instar d’Inglourious Basterds et son commando de juifs prenant leur revanche sur les nazis et allant même jusqu’à modifier l’Histoire, Django tue des blancs à la chaîne et avec une grande violence. Il faut d’ailleurs noter que toutes les effusions de sang sont réalisées à l’aide d’effets pratiques. Tarantino a une vision assez traditionnelle du cinéma et abhorre tout ce qui est numérique.

Le casting du film livre une performance de haut volée. Pensé au départ pour Will Smith, c’est finalement Jamie Foxx qui incarne l’esclave affranchi devenu chasseur de prime. Il est obsédé par le sauvetage de sa femme Broomhilda (Kerry Washington) et est prêt à utiliser tous les moyens à sa disposition pour y parvenir. Il est aidé dans sa quête par son mentor, le Docteur King Schultz, un ancien dentiste, élégant, éduqué, rusé et mortel avec ses ennemis. Déjà impressionnant dans le rôle d’Hans Landa dans Inglourious Basterds, Waltz récidive et restitue à merveille les dialogues et la malice de son personnage.

Les principaux antagonistes de cette histoire sont Calvin Candy (Leonardo DiCaprio), un vénéneux propriétaire de plantation et Stephen (Samuel L. Jackson), son esclave. Les deux acteurs font un sans faute. En particulier Jackson dont le rôle est plus difficile. Il incarne une sorte d’Oncle Tom, mauvais, rusé et beaucoup plus effrayant que son maître.

Les seconds rôles ne sont pas en reste. On citera dans le désordre Don Johnson, Jonah Hill, James Remar, Walton Goggins, Tom Savini et bien d’autres.

Si on devait trouver un reproche à son récit, ce serait sûrement sa durée de 2h45. L’histoire souffre de quelques longueurs. Des longueurs sûrement dues à la densité du premier acte, qui contient une histoire quasiment complète et donne l’impression que le reste manque un peu de rythme. Malgré cela, Django Unchained reste un très bon divertissement et devrait trouver une place de choix dans la filmographie du réalisateur.

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