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Salut, j’aime Tarantino et je t’emmerde (poliment, bien sûr).

Certes, il est podophile (j’ai bien utilisé la lettre « o »), pas très agréable à regarder, parfois vulgaire, et un brin complaisant. Certes. Mais le bonhomme, en dépit de ce qu’en disent ses détracteurs, ne se contente pas de recycler du bis ou de l’exploitation comme un demeuré de geek de magazine. Ce type a assimilé avec un appétit insatiable plusieurs pans de la culture pop, les a digérés, s’en est imprégné sans pour autant omettre les classiques que ses détracteurs chérissent tant. Ce type aime et respecte le cinéma —les cinémas. D’ailleurs il y a fort à parier que ce bon névrosé en possède une connaissance encyclopédique, périodique, empirique que beaucoup lui envieraient.

Tarantino est un brasseur. Il brasse les courants, les cultures, les influences. Tout ça il te le fait passer sous pression et il te le sert bien frais, comme une blonde sous le soleil d’un après midi d’été.

Bon, assez parlé de ce connard ; de toute façon il est bizarre il aime toucher des pieds.

Le film.

2h45 c’est tout de même un peu long, surtout quand la fin souffre d’un sacré problème de rythme ; du genre qui donne l’impression de tirer un max sur la longueur de pellicule. L’histoire semble en effet tomber un peu comme un soufflé au niveau de l’épisode de Candyland, et fait passer son climax pour une omelette norvégienne, c’est bien dommage.

Moi je me rappelle de l’effet inverse sur Kill Bill, notamment le deuxième du nom, qui faisait monter la sauce comme le matin élève la verge avec des aspects western bien plus maîtrisés et racés (gros plans sur regards, cadres de duels, faces à faces du string et dialogues ciselés). Ironiquement, pour un film prenant tout de même racine dans le Western Spaghetti, ça manque de sauce maison.

Assez dispersé et moins lustré qu’à l’accoutumé (pour un QT) dans sa forme, l’aspect patchwork de Django saute plus particulièrement aux yeux —et aux oreilles— lorsqu’ éclate la playlist de circonstance aux choix pas toujours heureux. Autant d’habitude je plussoie, autant là le rap (par exemple) souligne de façon impertinente l’anachronisme du procédé musical de Tarantino, d’habitude jouissif en diable. Et puis je suis pas sûr de toujours trouver aussi fun les explosions abusives de litres de faux sang estampillées grindhouse au bout de 3 ou 4 films.

Mais là où Django s’en sort c’est par le bon capital sympathie qu’il insuffle. Un capital qui passe moins par ses personnages que ses interprètes. Waltz est plus bonhomme que jamais, et franchement on aurait presque envie de lui pincer les joues si seulement il pouvait les garder un peu immobiles, débitant avec une malice à peine dissimulée des dialogues que je regrette de ne pas avoir eu l’occasion d’entendre en V.O. Don Johnson est sous exploité mais on a l’habitude, quant à Samuel Jackson et Leo-dessine-moi-comme-une-de-tes-filles-françaises ils forment un duo assez savoureux, tandis que leur prestations en aparté auraient gagné à bénéficier de plus de panache. Jamie fait le job, on croise Savini, on sent que tout le monde s’amuse et l’ambiance s’en ressent.

Quelques bons moments aussi : le gang des cagoules, l’introduction du personnage de Waltz, le premier carton de Django, l’arrivée de Dicaprio dans sa demeure coloniale et son petit numéro avec Jackson, la scène de D’Artagnan (l’esclave, pas le mousquetaire), le regard de l’esclave auparavant haineux. Et puis quand même, certains moments de la BO font mouche, heureusement.

Django c’est du Tarantino, et pas du Tarantino. Aux contours plus lisses, moins personnels, peut être plus consensuel malgré les effusions de sang et le faux scandale du « N-Word » (bande d’hypocrites) ; Django ressemble plus à un jeu qu’un véritable hommage au genre dont il s’inspire. Tout le monde s’amuse —nous compris, mais le film laisse l’impression de manquer un peu de cet esprit exhaustif et passionné présent sur un Kill Bill, et a trop vouloir se montrer poussif, semble ne pas être assez poussé.

Un bon Tarantino, divertissant, fun. Mais pas le meilleur.
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