Tarantino, tu as eu ma curiosité. Maintenant, tu as mon attention.

Avis sur Django Unchained

Avatar Nolwenn-Allison
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Django Unchained, c'était l'évidence qui tardait à apparaître dans la filmographie de Quentin Tarantino. A force de flirter avec les codes et les références du western spaghetti, l'étape suivante, c'était celle-ci. Je me demande encore comment j'ai assisté à cette séance, moi qui ne suis vraiment pas portée par ce genre de films. Le fait que le film ait eu de bons échos a dû peser dans la balance. La jubilation que j'avais éprouvée devant Inglorious Basterds aussi. Mais était-ce seulement suffisant pour me faire apprécier un western ?La réponse est non. Avant que vous ne poussiez des hauts cris, je vais préciser : non, l'avis des autres et ma sympathie pour l'oeuvre de Tarantino ne pouvaient pas suffire. Ils ne pouvaient à peine esquisser ce que j'ai ressenti...

Un petit mot sur le scénario, pour commencer : Django est initialement un esclave, affranchi par le Dr Schultz, un chasseur de primes qui a besoin de son aide pour descendre ses anciens propriétaires. Les deux compères finissent par s'associer et concluent un pacte : Django aide Schultz dans sa chasse aux malfrats pendant l'hiver et ce dernier l'aide en retour à retrouver sa femme, vendue à Calvin Candie, un propriétaire sadique.

Le film, dans sa globalité, ne laisse pas trop de temps mort et reste dynamique, même si j'ai tout de même regretté que le trajet vers Candyland soit super long, tout autant que la transaction du Mandingue dont on sait pertinemment comment elle va finir. C'est peut-être l'un des seuls, si ce n'est pas l'unique, défauts du film : le film est esthétiquement soigné, les plans sont tarantinesques comme on les aime, les décors sont magnifiques, les gerbes de sang sont jouissives... Non, définitivement, je ne tarirai jamais assez d'éloges quant à l'aspect visuel du film. Mais au final, à trop vouloir montrer, on étire de manière artificielle l'action et c'est ce qui m'a frappée dans les scènes que j'ai citées précédemment. Mais à côté de cela, Tarantino nous propose de véritables moments d'anthologie, comme la scène du Klu Klux Klan que les Monty Python (oui, j'ai bien écrit "Monty Python") n'auraient pas reniée.

Le casting est juste PARFAIT. Jamie Foxx maitrise très bien l'évolution de son personnage qui, d'esclave illettré, devient un redoutable cowboy assoiffé de vengeance. Mais paradoxalement, pendant environ deux heures, ce n'est pas vraiment vers lui que se porte l'attention du spectateur. Eh oui, parce qu'à côté, il y a DiCaprio, qui apparaît dans un registre complètement différent avec le rôle de Candie. Loin des personnages graves qu'on lui a attribués ces dix dernières années, l'acteur prend ici son pied et, par ricochets, nous aussi. Mais c'est résolument Christoph Waltz, l'interprète du Dr Schultz, qui mène la danse dans ce Django. Fascinant mais également terrifiant dans Inglorious Basterds, il incarne là un personnage plus altruiste et foncièrement attachant. Finalement, il faudra un retrait des deux derniers acteurs cités pour que Jamie Foxx reprenne le monopole du film qu'il devait porter. Je me demande encore si un tel effacement de l'acteur principal est une bonne ou une mauvaise chose. En tout cas, si vous n'êtes pas aussi prise de tête que moi, cela ne gâchera pas votre plaisir pour autant. A noter également le cameo de Franco Nero, qui a incarné Django dans le film de Corbucci, et qui ravira sûrement les grands amateurs de western.

Finissons le tout par une petite touche musicale. On pourra reprocher pas mal de choses dans le cinéma de Tarantino, mais s'il y a bien quelque chose d'imperfectible dans l'ensemble de ses films, c'est bien le soin qu'il apporte à la bande sonore. Une fois de plus, l'OST est irréprochable : à côté de morceaux extraits du film de Corbucci et de thèmes d'Ennio Morricone, Tarantino apporte sa petite touche avec des morceaux plus récents qui ne jurent pas avec l'ambiance du film... Enfin presque. Parce que oui, notre réalisateur aime bien aussi donner des coups de pieds dans la fourmilière et c'est avec surprise que lors du voyage vers Candieland, on entendra un morceau de rap (rien que ça). Au début très sceptique, j'ai fini par m'y habituer et même par trouver ça judicieux.

Tarantino nous a pondu là un film très, très bon (même que j'ai souri), et même si je ne m'y connais pas vraiment en western, je pense que je ne m'avancerais pas trop en écrivant que peut-être Django Unchained annonce un renouveau du genre, en apportant sa touche personnelle, mais sans toutefois faire table rase du passé, bien au contraire. Du grand Tarantino !

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