Road to Nowhere

Avis sur Drive

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En attribuant à Drive le Prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes, Robert de Niro et son jury ne s'y sont pas trompés. Nicolas Winding Refn signe un polar urbain que Michael Mann n'aurait pas renié. Un film violent mais stylé qui fleure bon les années 80. Adaptation du roman de James Sallis, Drive raconte l'histoire d'un jeune homme sans nom cascadeur le jour, chauffeur pour cambrioleurs la nuit. « The Driver » tombe amoureux d'Irène, sa nouvelle voisine. Le mari de cette dernière sort à peine de prison quand il se retrouve enrôlé dans un braquage pour s'acquitter d'une dette. « The Driver » décide de l'aider.
Avec pas moins de quatre films sortis en 2011, Ryan Gosling est incontestablement l'acteur de l'année. Romantico-torturé dans Blue Valentine, Playboy au cœur tendre dans Crazy Stupid Love ou politicien désillusionné dans Les marches du pouvoir, l'acteur canadien de 30 ans sait tout jouer. Il l'a de maintes fois prouvé et pourtant il y a de quoi le trouver toujours surestimé. Tel un poor lonesome cowboy, Ryan Gosling traîne sa peine dans un Los Angeles désenchanté et corrompu jusque dans les bas quartiers au son d'une bande originale déjà culte. Avec sa moue boudeuse et sa veste ringarde *, l'acteur n'est pas vraiment crédible dans la peau d'un tueur sanguinaire. On le préfère en amoureux transi. Avec Carey Mulligan, il forme un couple alchimique. La jeune actrice aurait d'ailleurs tout fait pour obtenir le rôle d'Irène (pourtant un personnage de femme latino-américaine dans le livre) enthousiaste à l'idée de travailler avec Refn. Plus subtile que son partenaire, ce dernier n'en reste pas moins un serial kisseur d'exception. Après N'oublie jamais, Ryan Gosling nous offre un nouveau baiser de cinéma bientôt mythique.
Aussi aimé que détesté, Drive a beaucoup fait parler de lui**. Pourtant il n'y a pas matière. Ni médiocre, ni transcendant, c'est un film inégal plutôt frustrant. Car derrière toutes ces belles images se cachait une sublime histoire d'amour qui aurait mérité d'être plus exploitée. La réalisation a beau avoir de l'allure, Nicolas Winding Refn a trop regardé Irréversible de Gaspard Noé. Le coup du mec qui défonce littéralement le crâne d'un autre, on nous l'avait déjà fait.

*Cette veste en soie flanquée d'un scorpion jaune dans le dos est d'une vulgarité et d'un kitsch sans nom. Dessinée par la costumière du film et... Ryan Gosling (on lui a connu meilleur goût), elle s'arrache sur le net au prix de 120€ (elle serait même en rupture de stock). WTF !

**L'Américaine Sarah Deming a même porté plainte contre le film pour « publicité mensongère ». Selon la spectatrice, la bande annonce suggérait un énième Fast & Furious alors que la conduite est secondaire dans le Drive.

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