👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Les mirages du désert, plein de promesses et d'illusions

Assourdissant. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit en sortant de la projection de Dune. Denis Villeneuve, fidèle à ses habitudes de bruit et de fureur, s’emporte telle la tempête de sable. Aérien, il déploie de manière fluide la première partie de l’histoire de Franck Herbert, qu’il a bien fait de scinder en deux — malgré l’incertitude qui pèse aujourd’hui sur la réalisation de la seconde partie.

Ainsi, le film installe progressivement ses enjeux et ses familles, blocs monolithiques et martiaux. Si on peut leur reprocher un aspect un peu austère, les décors et costumes sont très bien réussis et contribue grandement à l’immersion et à la pesanteur de toute l’intrigue. Ici on ne parle pas de famille au sein nucléaire mais au sens de clan gigantesque, régi par un protocole et un ensemble de règles et de factions étroit. Les décors massifs et une photographie souvent monochrome ou bichrome viennent encore nourrir cet enfermement.

La quête de Paul commence par la destruction et une forme de libération de ce carcan, et j’ai été agréablement surprise par les interprétations de Thimothée Chalamet et surtout Rebecca Ferguson. Les interprétations sont toutes très bonnes, mais Rebecca Ferguson déploie une énergie incroyable et s’impose dans ses scènes au-dessus de tous les autres.

Ce qui m’a impressionné aussi sont les plans larges, les compositions inspirées et le cheminement de la caméra. Là aussi Villeneuve joue sur l’échelle, montre comment un personnage peut être perdu et isolé dans l’immensité d’un décor, enfermé même en étant dehors. Même si c'est vrai, cette tendance à transformer chaque plan en tableau a pour conséquence un rythme artificiellement ralenti et une narration très linéaire.

En revanche, j’ai vraiment eu du mal avec la direction musicale du film qui manque…de musicalité. Les partitions musicales sont permanentes, avec très peu de silence, s’entrechoquent régulièrement dans une cacophonie désagréable et nous ne laisse ni répit ni impression durable. Car il manque des thèmes forts à Dune, et si on écoute la musique en dehors du film, difficile de s’y attacher. C’est pour moi le gros point noir du film de Villeneuve, qui réussit en dehors de ça livrer un film puissant, grand public et spectaculaire, tout en restant — relativement — fidèle au matériau d’origine.

Il manque également d’autres choses mais que je ressens aujourd’hui comme un choix d’attendre le deuxième volet. Certains personnages ont eu peu l’occasion d’exister, comme Chani (ou le voyageur galactique si marquant chez Lynch). Ou encore le désert qui ne parait pas encore si hostile, ni le marteleur qui est devenu bien discret. Mais au final, ces éléments dont on se languit me donne juste plus envie de voir la suite. Qui décidément aura encore plus d’attentes que ce premier volet.

AlicePerron1
7
Écrit par

il y a 8 mois

Dune
B_Jérémy
9
Dune

Blockbuster d'auteur époustouflant !

Je fais des rêves. Sur une fille d'Arrakis. J'ignore ce que ça signifie. Les rêves font de belles histoires. Ce qui compte c'est quand on est éveillé. Dis donc, tu as pris du muscle. Ah...

Lire la critique

il y a 8 mois

156 j'aime

140

Dune
Goomba_KingSize
5
Dune

Une traversée du désert

En préambule, je tiens à préciser que je n'ai ni lu le roman, ni vu la première adaptation de 1984. Je me considère également comme étant profane en matière de cinéphilie. Non pas que je déteste le...

Lire la critique

il y a 8 mois

134 j'aime

47

Dune
Procol-Harum
7
Dune

Le sable dont les rêves sont faits

S’il faut le voir pour le croire, alors nous croyons rapidement : en une poignée de scènes seulement, Dune flatte la rétine par ce visuel duquel germe une floraison de lumière et de clair-obscur,...

Lire la critique

il y a 8 mois

134 j'aime

1

La Bonne Épouse
AlicePerron1
3

La bonne épouse rate son plat

La bonne épouse est pour moi un résultat vraiment décevant. La bande-annonce promet une comédie qui tire vers la satire, le sujet du film étant les écoles ménagères dans les années 60, juste avant...

Lire la critique

il y a 2 ans

13 j'aime

1

Ad Vitam
AlicePerron1
4
Ad Vitam

Concept fort mais éxécution sommaire

Ad vitam commence très bien avec un synopsis fort et pose dans ces premiers épisodes nombre de questions et d’intrigues entrelacés très prometteuses. Le thème central du passage de temps et du sens...

Lire la critique

il y a 3 ans

8 j'aime

Porco Rosso
AlicePerron1
10
Porco Rosso

Mélancolie élégante

Porco Rosso est l’un des rares films de Miyazaki que je préfère regarder en français, tout simplement pour la voix grave et enveloppante de Jean Reno, qui enrichit grandement le personnage de Porco...

Lire la critique

il y a 3 ans

7 j'aime