God did Help the Girl

Avis sur God Help the Girl

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J’ai vu Belle and Sebastian en concert il y a un peu plus d’un an, et pour avoir pu admirer les pas de dance de Stuart Murdoch et sa joie communicative, je ne pouvais qu’attendre un film rafraichissant quand j’ai appris qu’il avait réalisé une comédie musicale.

Et je n’ai pas été déçu. Il pleuvait sur le chemin du cinéma, je me suis dit qu’au moins Stuart se sentirait chez lui, et effectivement, il a été très sympa en répondant aux questions après le film. La salle était remplie par un joli melting-pot causé très largement par le Pitchfork festival du week-end où Belle and Sebastian avait joué et la joie de la salle était vraiment communicative. Ce qui est bien avec une salle remplie de fans du groupe, c’est que tout le monde savait que ce qu’ils allaient voir allait être naïf, voire vraiment niais, et tout le monde en était ravi.

Car ce qui ressort le plus de God Help the Girl c’est sa grande naïveté. Tout le monde est (trop) bien habillé, on fait du canoë à Glasgow, les « délinquants » de la ville sont simplement des dragueurs beaufs etc.
On remarquera dans le générique de fin que les figurants sont simplement des « hipsters », au moins c’est assumé. Alors je m’en fiche un peu du côté mélodramatique et de la maladie d’Eve mais finalement ce n’est pas si lourd que ça, on laisse parler la musique, prescription ultime à la dépression. Les chansons de God Help the Girl viennent directement des années 60, et si elles ne marquent pas forcément comme celles des premiers disques de Belle and Sebastian, insérées dans le film, l’efficacité est là. Surtout parce que les paroles respirent la candeur et reflètent parfaitement l’atmosphère du film.

Tout est daté, des robes aux discussions en passant par un joli tandem, à la radio on parle de Nick Drake, le seul portable qu’on voit du film tombe sur répondeur, quand on veut aller chercher Cassie (Hannah Murray, carrément chouette alors que je la déteste dans Game of Thrones) on envoie son chien, ce à quoi Stuart répond « That’s a mistake, he should have called her, he’s stupid ! But you know, producers like dogs… ». J’ai mis du temps avant d’être sûr que l’action se déroulait aujourd’hui…

Mais God Help the Girl est également assez drôle, du suisse-allemand que tout le monde a cramé qu’il était français aux noms de groupe du film et à certains dialogues parlant notamment de « sperm scientists »...
Et puis, par petits bouts, on reconnaît l’auteur d’If You’re Feeling Sinister, un regard d’amoureux déçu, la joie d’écrire une chanson, autant de moments dépeints par un Stuart Murdoch sincère et proche de ses spectateurs.

Et ça rend enclin à pardonner tout ce qui ne va pas. Un filtre immonde à un moment, la stupidité du personnage principal, une certaine superficialité, la niaiserie générale…
Quand on passe au-delà de tout ça, ce qui n’est pas forcément facile, il ne reste que le sourire difficile à effacer au sortir de la séance.

« I like it here in France, because I can say I like Truffaut and Godard without looking pretentious or arrogant », désolé Stuart, en France aussi un peu…

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