👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Alors que le gouvernement américain en a un peu marre des menues destructions opérées par les Titans,créatures monstrueuses sortant de temps en temps des entrailles terrestres ou marines pour respirer un peu d'air pollué,et veut les exterminer,les savants apprentis-sorciers de la société Monarch,chargée de gérer les grosses bébêtes,pensent pouvoir les contrôler à l'aide d'une sorte de sonar reproduisant les sons émis par Godzilla and co.Mais ça marche moyen et les bestioles sortent de partout en causant des dégâts considérables.La créatrice de l'appareil,le docteur Emma Russell,prend alors le maquis avec un groupe éco-terroriste désireux d'aider les Titans à tout bousiller car ils estiment que les humains sont responsables de la situation et que du passé il faut faire table rase en annihilant ce Monde pour le rebâtir ensuite avec de l'air pur,de jolies fleurs et du scotch à volonté.Et plein de monstres déchaînés,oui.C'est de la logique écolo typique,ça,l'homme est un vilain qui détruit la planète,alors détruisons-la encore plus et tout ira mieux.Voilà le troisième film du Monsterverse,univers de films de monstres produit par Legendary Pictures,après le lamentable "Godzilla" de 2014 et l'excellent "Kong:Skull Island" de 2017.On est en plein dans la japoniaiserie puisqu'il s'agit généralement de s'inspirer des Kaiju,ces monster movies nippons post-atomiques apparus dans les années 60.D'ailleurs ce "Godzilla" est coproduit par Toho,la firme japonaise productrice historique du genre.Les asiatiques en ont usiné des dizaines,et celui-ci rappelle fortement des oeuvres comme "Les envahisseurs attaquent",sorti en 68,ou "Godzilla vs King Ghidorah" de 91.En général tout ça est assez folklorique et relève essentiellement des Craignos Monsters chers à Mad Movies,mais là attention c'est du blockbuster onéreux et on se prend grave au sérieux.Le problème est surtout qu'on voudrait faire croire que c'est du blockbu alors qu'on n'a pas les moyens,ou alors tout le budget est parti en rails de coke parce que vraiment cette toile fait pitié.Michael Dougherty,réalisateur et coscénariste,fait là son premier film important et ça se voit.L'histoire est confuse à souhait,ça s'enchaîne n'importe comment,on ne sait jamais trop où on est ni ce que foutent les personnages,et pour le rythme il vaut mieux oublier.On change sans arrêt de spot et de protagonistes,il y a un combat par ci par là mais dans l'ensemble on patauge dans le psychodrame familial et la philosophie de comptoir.Il y a la petite famille d'ahuris comprenant cette dingo d'Emma,qui traîne avec elle son adolescente Madison,une petite conne détestable,et son ex Mark,un grand scientifique à gueule de camionneur aviné qui joue dans le camp d'en face,ceux qui veulent supprimer les monstres et éviter le désastre.Ces trois-là,on ne sait pas pourquoi mais on devine d'emblée qu'ils survivront et qu'ils vont se réconcilier à la fin.C'est donc plein de monstrologues qui monologuent solennellement sur le sens de la vie et l'avenir du futur à grands renforts de phrases creuses débilitantes.Du reste,les auteurs se foutent ouvertement de la gueule du monde en faisant déclamer au docteur chinetoque une grande tirade pseudo profonde avant qu'il n'avoue l'avoir lue dans un rouleau de printemps.Mais les désaccords ne frappent pas que nos amis humanoïdes car ils traversent également la psychologie monstruelle.Figurez-vous que Godzilla est ici un monstre gentil,comme Casimir.Il forme les Avengers de la monstruosité au sein du All Monsters Games avec ses potes Mothra et Rodan,autres célébrités de la galaxie kaiju.Parce que là ça rigole plus,il faut éliminer une autre créature encore plus balèze et plus méchante,la sympathique hydre à trois têtes Ghidorah,venue de l'espace et prête à pulvériser la Terre,ce qui éliminerait aussi bien les monstres que les humains,contraints donc de s'allier pour l'occasion.Bon d'accord tout ceci est très con mais au moins c'est spectaculaire avec ces combats entre bêtes gigantesques et féroces?Eh bien non,même pas.C'est filmé de manière à ce qu'on ne voit à peu près rien.On shoote dans l'obscurité,ou derrière de la fumée,ou des rideaux de pluie,on balance 25000 plans à la seconde,on envoie des flashes lumineux aveuglants,bref l'objectif est clairement de faire la fortune des ophtalmos tout en feignant d'offrir du spectacle.Le final est grandiose avec des humains postés à une bonne centaine de mètres de quelques explosions atomiques qui ne dérangent même pas leur brushing,l'escroquerie à son point culminant.Les acteurs principaux,le bovin Kyle Chandler,l'inexistante Vera Farmiga ou la crispante Millie Bobby Brown sont totalement nuls,de même que le transparent Ken Watanabe,seul rescapé du "Godzilla" de 2014 et embauché également dans "Pokemon:Détective Pikachu",autre prod Legendary-Toho sortie en cette même année 2019.Quelques seconds rôles surnagent,comme ce bon vieux Charles Dance en mercenaire éco-warrior déterminé,David Strathairn en amiral belliqueux,Bradley Whitford en scientifique cynique ou O'Shea Jackson,le fils d'Ice Cube,en militaire héroïque.La chinoise Zhang Ziyi est toujours aussi mignonne mais n'a pas l'air très à son aise en ce contexte douteux.

pierrick_D_
1
Écrit par

il y a 5 mois

5 j'aime

9 commentaires

Godzilla II : Roi des monstres
Behind_the_Mask
5

Monstres et Compagnie... Surtout compagnie.

Alors que le projet Godzilla versus Kong est d'ores et déjà annoncé, il faudrait peut être voir d'abord ce que donne ce Godzilla II : Roi des Monstres, vous ne croyez pas ? Les a priori étaient...

Lire la critique

il y a 3 ans

57 j'aime

13

Godzilla II : Roi des monstres
gruute
4

Le chef op' en pause déj'

Après un Godzilla timorée du sympathique Gareth Edwards et un Skull Island plutôt bien emballé mais con toutes les 10mn, le MonsterVerse continue avec ce volet se déroulant 5 ans après les événement...

Lire la critique

il y a 3 ans

33 j'aime

18

Godzilla II : Roi des monstres
Cygurd
2

L'indigeste régicide

En 2014, Godzilla de Gareth Edwards lavait l’affront de 1998 signé Roland Emmerich et démontrait que le cinéma américain était capable de s’approprier avec respect l’un (si ce n’est le) plus grand...

Lire la critique

il y a 3 ans

30 j'aime

3

La Mule
pierrick_D_
7
La Mule

Critique de La Mule par pierrick_D_

Earl Stone,vieil horticulteur ruiné,accepte de convoyer de la drogue pour le compte d'un cartel mexicain,mais le gang a la DEA sur le râble.Clint Eastwood produit le film avec sa compagnie,la...

Lire la critique

il y a 1 an

26 j'aime

7

L'Ours
pierrick_D_
7
L'Ours

Critique de L'Ours par pierrick_D_

Fin du 19e Siècle,dans les montagnes de la région canadienne de Colombie britannique,une maman ourse meurt accidentellement,laissant seul et livré à lui-même son ourson.Le petit est recueilli par un...

Lire la critique

il y a 6 mois

24 j'aime

12

L'Auberge rouge
pierrick_D_
7

Critique de L'Auberge rouge par pierrick_D_

Au 19e Siècle les époux Martin tiennent une auberge perdue dans les monts ardéchois et ont la mauvaise habitude d'assassiner leurs clients afin de les détrousser,avec l'aide de Fétiche,leur...

Lire la critique

il y a 6 mois

23 j'aime

9