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Guernica par Alligator

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Des trois court-métrages d'Alain Resnais que je viens de voir ("Toute la mémoire du monde" et "Les statues meurent aussi") c'est certainement le seul qui m'a déplu.

Par la voix de María Casares, une voix glacée, trop criarde à mon oreille, sont dits les fameux mots de Paul Éluard sur le massacre de Guernica. Souvent la poésie d'Éluard me passe à côté du cœur. Et cette fois-ci, elle n'est pas loin de m'irriter. C'est peut-être la voie de Casares ?

Je peux comprendre que ce film plaise. Il est une sorte de montée progressive de tension. On aborde l'histoire avec des portraits du jeune Picasso, un art figuratif classique, très beau, au trait délicat, mais déjà fort, à la personnalité marquée.

Puis, peu à peu, le ton monte, se prépare le bombardement. On sent le danger venir, l'apocalypse se déverser. Alors le trait se casse, cherche l'inspiration, le dessin juste à traduire la réalité, le tragique, l'horreur absolue de cette guerre d'Espagne, de ce fascisme qui vomit sa monstruosité sur l'humanité hachée.

Le style plus moderne de Picasso ne vient pas d'un coup d'un seul. Par la présentation de ses travaux de recherche, de ses esquisses, on voit le parcours esthétique du bonhomme qui se collette à l'événement, à la difficulté de rendre compte des corps concassés, des cris, des pleurs, de l'effroi.

Sur ces images, les vers d'Éluard sont eux aussi hurlés. Je n'y arrive pas. Je n'aime pas ce poème, c'est douloureux. Je n'ai pas envie de ça. Je ne suis pas d'humeur et alors le film, qui ne dure pas plus de 13 minutes, me semble long.

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