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Avis sur Her

Avatar plathoon
Critique publiée par le (modifiée le )

En voyant l'idée de base, beaucoup de réalisateurs auraient trouvés matière à faire un film sombre sur ce sujet. Un peu comme l'avait fait l’excellente série black mirror, qui dans un épisode utilise à peu près la même idée. Mais entre ce film et cet épisode, le traitement du thème est radicalement différent.
Là ou black mirror fait une critique de cette technologie envahissante; Her lui par contre, décide de voir les choses différemment. Il n'y a pas cette morale arrogante sur la fin de la société et des relations humaines. Evidemment Her pose cette question, mais ne donne pas la réponse toute faite. Ce film n'agit pas comme un guide de la bonne pensée. Il décrit cette société avec une grand impartialité, et aussi une belle subtilité à travers une photographie incroyable.

Beaucoup de personnages d'ailleurs ne sont pas gênés par cette relation que vit Theodore dans le film: le collègue de bureau, sa meilleure amie, ils sont dans l'air du temps décrit par Her, cette société à la fois lointaine et proche.
Son ancienne femme, elle correspond plus à une personne de notre monde, on ne la voit quasiment que le temps d'un flash-back (mais aussi une fois au restaurant), ça vision de ce monde est là même que la notre quand on pense à cette amour: l’incompréhension, comment peut on tomber amoureux d'une machine ? Comme elle le dit au héros, il veut tous les avantages d'une histoire amoureuse sans les inconvénients qui vont avec.
Mais cette vision est dépassée par l'histoire d'amour entre l'homme et le logiciel. Logiciel qui s'est émancipé grâce à Theodore, qui a découvert le désir, l'amour. Et qui à la fin du film se comporte comme une entité réelle et bien vivante. Elle le dit elle même, son absence de corps est un avantage, elle peut être partout à la fois. Là ou les humains sont victime des lois de la physique.

Ce décalage est bien mis en avant à travers les scènes de sexe. Elles sont toutes radicalement différentes et pourtant ont un point en commun. Elles n'ont rien des relations sexuelle comme on les entend dans notre monde. Deux corps (ou plus si affinité) qui se rencontrent.
La première au téléphone est vraiment hilarante, la deuxième est extremement belle, j'irai même jusqu'à dire que c'est la plus belle scène de "non -sexe" que j'ai pu voir. Là encore rien de physique, deux voix partageant le même désir. Enfin la plus sombre, à la limite du glauque, avec la voix de Samantha et le corps d'une autre personne. C'est effrayant de voir cette femme et de voir son visage affichant des expressions correspondant à des paroles, mais pas les siennes. C'est donc un amour par procuration, car ces deux amoureux ne jouent pas dans la même catégorie.

Et c'est ce décalage entre ces deux personnes qui annonce la fin. Dans un monde ou la technologie tend à combler une partie du vide social, Theodore est tombé amoureux. Mais d'un logiciel (pas un du genre psycopathe comme HAL), un logiciel séduisant et charmant. Dans le fond c'est juste le résultat d'un long codage, un ensemble de nombres... Mais "fuck it" comme le dit Amy, oui c'est un bon résumé: fuck it.

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