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Hérédité par LuluCiné

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Et voilà qu’on nous refait le coup du renouveau du film d’horreur, et cela à bon escient car c’est pour mieux s’éloigner du produit ultra fabriqué surfant sur la vague du marketing et du jump-scare afin de rentabiliser un film sans idées. Hérédité part donc en croisade et s’inscrit volontairement dans la lignée de The Witch ou It Comes at Night, deux films que je préférerai oublier ; mais voilà que mes vieux démons me reprennent, quand un film fait parler, une attention se crée et je me fais piéger.
Car le renouveau ne vient pas dans le prêchi-prêcha de thèmes déjà bien érodés, ni dans sa propension à n’oser rien de nouveau niveau mise en scène. Là où beaucoup voient une lente agonie de l’angoisse, je me perds dans un scénario regrettable qui tente en vaint d’inscrire le fantastique dans le réel. Toujours donc ce même problème de cul entre deux chaises, la paranoïa, ou ici le deuil, peuvent-ils suffirent à inscrire le spiritisme comme tension valide ? Alors que d’autres films parviennent aisément à faire monter la sauce avec une simple ligne assumée de démon (Jusqu’en Enfer dans le second degré, ou encore It follows et ses sous-entendus), Hérédité ne sort pas du lot et offre un spectacle qui bien qu’angoissant devient lassant par ma non adhésion au scénario.
Je pourrais me poser la question d’un sujet qui ne m’atteindrais pas, mais L’Exorciste a encore un très bon effet sur moi.
Le problème vient surtout du rythme et de l’instabilité dans ce que l’on veut raconter. La gamine offre d’ailleurs un profil intéressant, soulevant beaucoup d’interrogations pour finalement ne garder que sa caractérisation physique. Le frère, qui n’a quasiment aucune expression, est assez difficile à suivre dans son délire de martyr et cette famille au contexte schizophrène ne parvient jamais à provoquer l’identification du spectateur. On assiste donc au deuil de chacun sans jamais prendre partie pour l’un ou pour l’autre. Le jump-scare, bien que peu présent, prend alors la place de figures fantomatiques, qui peinent un peu à angoisser (les asiatiques poussant largement plus en terme de frayeur), et on plonge donc dans une terreur uniquement activée par la musique omniprésente et qui sert plus de guide pour mieux malmener le spectateur dans ses croyances.
Hérédité fait donc croire (jusque dans son titre où le lien est plutôt pâle) qu’il renouvelle un genre parce qu’il prend le temps de placer une histoire, et tant pis si l’histoire est mal écrite. L’angoisse ne doit pas être juste une idée de mise en scène, elle se loge aussi dans la fiabilité et la tension de l’histoire qui nous est contée.

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