Histoire d'un aller-retour

Avis sur Hunger Games : La Révolte, partie 2

Avatar Matt Jagger
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Je ne suis pas lecteur de la trilogie papier et je ne suis pas un fan absolu de la saga cinématographique. Je me place comme un spectateur pas forcément très enthousiaste, mais qui a malgré tout apprécié les deux premiers épisodes. Pas l'épisode 3 partie 1. Qui se terminait toutefois sur la promesse, mais c'est la moindre des choses, d'un final en apothéose . Au visionnage de la partie 2, le fait d'avoir coupé l'ultime conclusion me paraît encore plus frôlé l'hérésie. Commercialement, c'est un jolie coup (enfin, j'imagine qu'il ne suffit que de deux neurones au lieu d'un pour élaborer une telle stratégie), mais cinématographiquement et d'un point de vue narratif, c'est le naufrage.
Le film débute donc mal, avec une intro qui loin de donner le frisson, vous renvoie (encore !) à l'hosto, qui se veut sobre, mais qui rate complètement son entrée en matière. Malgré tout, les premières scènes dans le District 2 font monter la pression, et place le décor : la guerre ! la vraie ! Enfin ! Après une discussion un peu classique (pragmatique VS idéaliste VS idée qui met tout le monde d'accord (merci aurevoir), le film tend à prendre une orientation manichéenne... qu'une bonne balle de flingue dans l'épaule à Lawrence va vite faire redescendre. Et heureusement. Et retour à l'hosto... Oui. Je crois qu'il faudrait compter le nombre d'aller retour que Katniss fait entre le Distrcit 13 section hôpital et le reste de Panem dans l'ensemble de l'épisode 3, les deux parties confondues. C'est insupportable. Le rythme s'en trouve encore une fois complètement cassé, et hop, c'est reparti pour les mêmes mises en scènes dans les souterrains : ascenseur, ouverture de la porte, hangar à missile/bureau de la Présidente/Chambre de Peeta. Bon. Et le pire, c'est que le film ne va s'emballer que bien plus tard, au moment où ils descendent dans les égouts du Capitol via les Parking Vinci. Parce que les scènes dans les rues de la Capitale, dont les ruines rendent vraiment bien, sont plates, on a toujours l'impression que les personnages passent leur temps à se reposer et à blablater indéfiniment. En tant que spectateur, c'est pas forcément palpitant de vivre tout ça. Mais bon, enfin le film décolle. Le Président Snow est toujours aussi savoureux, doucereux et bien joué cela va de soi. Il s'enfonce dans une sorte de paranoïa, enfermé dans son palais présidentiel, dernier bastion illusoire de sa puissance en lambeau, entouré de ses sbires, et imaginant des plans d'avenir complètement déphasés de la réalité des choses. Le parallèle avec La Chute est assez frappant

(voir avec Star Wars lorsqu'il empoisonne son Général)

Sans trop spoiler la suite, on va dire que le tout tient bien la route, il y a une bonne intensité dramatique, du sacrifice, un Tigrou, de l'amour (si vous êtes un peu naïf quant à la conclusion) mais surtout ce message frappant : la Révolution, c'est pas du peace and love. Et j'avoue être agréablement surpris de cette tournure. Attention, cela reste, à l'origine, une littérature pour adolescent, les fils métaphoriques sont un peu grossiers par moment, mais tout de même, loin de faire l'apologie de la violence, cette dernière est vue comme nécessaire. Une bien triste réalité, mais comment peut-il en être autrement, lorsque depuis le premier Hunger Games, nous assistons aux délires mégalomanes et totalitaires du Président Snow ?

Je laisserai un mot sur la fin de la saga : peut-être est-ce la faute au film, mais j'ai par contre peu apprécié la comparaison Stone/Snow, dans le sens où ce dernier apparaît d'un coup comme un leader pragmatique, qui n'a fait que ce qui était requis pour conserver la paix et l'ordre. Mouais... J'y crois pas un instant, lorsque l'on connaît ses machinations et ses pièges sadiques, les manipulations génétiques qu'il fait subir, etc. C'est un peu facile. J'ai même la désagréable sensation que le véritable vainqueur dans tous ça, c'est lui : il meurt certes, mais il était de toute façon malade. Son dernier coup de poker lui sauve quelque peu la mise. En acceptant d'ouvrir les portes de son palais, il redorait son image, se donnant le rôle du héros acceptant son sort et désirant avant tout protéger la veuve et l'orphelin. Quelque chose me dit qu'il avait sans doute prévu la faon dont les choses tourneraient. A ouvrir ses lignes de défense de cette façon...

Conclusion : Je vais lire les livres. Hollywood cannot live up to the power of your imagination.

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