« Aux dernières nouvelles, il vivait dans un groupe hippie – Dans un quoi? - Dans un groupe hippie - Mon dieu, vivre dans l'urine, c'est affligeant... Mais où va le monde.»
Hubert Bonisseur De la Bath n'avait peut être pas tort si il parlait d'Inherent Vice sorti ce mois de mars dans les salles obscures françaises. Car ce film baigne dans l'ambiance « hippie » du début à la fin et le fumet qui s'en dégage à la fin n'est pas des plus ragoutants puisque la thématique du hippie des années 70 sert plus où moins de prétexte à une réalisation chaotique sous champis, et qui s'étire sur un trip lent et long de deux heures et demi. Le réalisateur Paul Thomas Anderson nous avait habitué a des films soignés parmi lesquels le culte 'There Will Be Blood', mais aussi à des changement de thématique assez radicaux qui peuvent amener à des surprises.
Durant ces 150 minutes Doc Sportello campé par Joaquin Phoenix, détective privé hippie enquête sur la disparition de son ex-petite amie puis sur celle d'un milliardaire du coin. Mais comme il a des pieds de hobbit et une chemise qu'il n'a porté que 27 fois sans la laver (comme tout hippie qui se respecte), il va curieusement recevoir peu de coopération des autres et les choses ne vont pas vraiment aller dans son sens. Enfin je crois... La narration est tellement compliquée, qu'on décroche du déroulement de l'enquête assez rapidement, en espérant pouvoir s'y raccrocher à un moment donné, ce qui est cause perdue d'avance. Une grande partie du film se résume donc à partir de ce moment là à une suite de scènes et de rencontre dont on ne comprend absolument pas l'enchaînement logique et qui simule la progression de l'enquête. Si on comprend les grandes lignes (un cartel de dentiste, un gang de motards punk, le milliardaire) en revanche les scénettes intermédiaires restent encore aujourd'hui pour moi un mystère absolu.
Il est évident que le réalisateur cherche très volontairement à embrouiller le spectateur derrière une avalanches de faits et de personnages inutiles (très très très nombreux) qu'on ne voit que durant 5 minutes et qui n'apportent rien au schmilblick déjà bien brouillon. Quel choix de réalisation bien étrange alors, car qui ici bas apprécie un film sans rien y comprendre quand bien même il y'a un réel sens derrière ?
Heureusement que le film est appuyé par une ribambelle d'acteurs formidables car il faut bien admettre que Joaquin Phoenix se donne à fond dans un rôle entouré de personnages féminins plein de charme. Le policier BigFoot incarné par Josh Brolin est quand à lui tout simplement hilarant en flic bipolaire et exubérant. Ce sont ces scènes qui ont réussi à me tenir éveillé durant tout un film dont la faiblesse de la fin déçoit.
Il est temps de mettre un peu d'ordre dans vos films Mr Anderson, et comme le disait un personnage fort sage sur une plage brésilienne à une troupe de hippie : « C'est le vrai monde dehors, et le vrai monde, il va chez le coiffeur »
Aq.