Enfin un film sans cravate !!! (Zut, je viens de le revoir; il y a des cravates. Sorry..)

Avis sur Interstellar

Avatar Alfred Boudry
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Je ne vais pas ici gloser sur ce film, déjà coqueluche ou baudruche, selon les uns ou les autres, en tout cas vague polémique. Il est vrai que je me suis un peu ennuyé; mais de là à parler de controverse... Il serait sans doute plus intéressant de chercher à savoir ce qui différencie ses défenseurs de ses détracteurs. On en conclurait des schémas comportementaux intrigants sur l'avenir de l'humanité vu par ceux qui espèrent lui survivre sans voir où est le paradoxe. Passons...
Passons sur les clichés assez nombreux: les rapports paternels difficiles, le fichu drapeau US quasi omniprésent, le mot "home" en guise de finale, les étoiles filantes, les bouches ouvertes face à l'inconnu, l'élévation morale de la notion d'amour... Oui, pas de doute, on est bien dans un film ricain jusqu'au bout des ongles (même si Nolan est à moitié anglais et Caine totalement anglais). Soyons bons princes et accordons qu'il n'y a pas de flingues, ce qui nous fait des vacances (mais il y a des mégachiées d'infra-sons à la boom-zim(mer)-boom, ce qui "compense").
J'ai beaucoup apprécié les robots, sorte de croisements entre le Marvin du Routard galactique et le monolithe de 2001 qui aurait été transformé en... Transformer. Ils avaient l'air tarte jusqu'à la scène où le héros a besoin d'eux... et là, plus pareil! Efficaces en diable.
Enfin bref, je ne sais trop quoi dire sur ce film, dont le propos final assez hésitant semble louvoyer entre la science généraliste à la Carl Sagan et la métaphysique bobo, sans doute plus pour faire comme "2001" que pour ne pas surmener le spectateur qui n'aurait pas tout compris à Einstein. J'ai d'ailleurs remarqué que pas mal de journalistes parlent de voyage spatio-temporel, aors que ce n'est pas du tout le cas.
Je me contenterai de remarquer qu'il manque une chose dans ce film; je ne veux pas dire que cette chose m'ait manqué, ou qu'elle lui apporterait un plus si elle s'y trouvait. Je veux dire que sans cela, l'histoire n'a pas du tout l'air crédible (au sens fictionnel du terme, bien sûr). Il y a bien le personnage du Dr Mann qui s'en rapproche, mais... ses motifs sont somme toute plutôt personnels. Je veux parler des marchands; des faiseurs de fric, des exploiteurs de ressources, bref, des requins qui rendront la conquête spatiale possible parce que ce sont eux qui ont le fric, et qu'ils financeront donc les futurs projets, en échange de droits miniers. Où sont-ils? Pas à la NASA, bien sûr (dont on se demande comment elle a survécu sans budget national), mais où sont-ils dans le monde du film? Enterrés sous le sable? Immigrés aux Bahamas? Exécutés par les bataillons de Mother Earth Dans Ta Face? En prison sur la Lune?
Christopher Nolan est-il un grand optimystique ou un grand naïf? Si tant est que ce ne soit pas la même chose...

D'un autre côté, ça fait du bien de voir un film sans cravates (enfin, presque).

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