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Joyeux Noël par -Anna-

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Quand Dany Boon quittera ce monde, TF1 passera Bienvenue chez les Ch'tis, France 2 passera Micmacs à Tire-Larigot. Mais j'espère, oh j'espère, qu'Arte diffusera Joyeux Noël. S'il n'y a qu'un film à retenir de l'acteur-ch'ti de service, c'est celui-ci. Pourtant pas un premier rôle, mais assurément son meilleur.

Vous me connaissez, je n'aime pas Noël. Mais ce n'est pas un film de Noël très traditionnel que je vous propose. En vérité, j'avais envie de vous en parler depuis quelques mois, mais j'ai attendu Noël pour être dans le ton.
En décembre 1914, les combats font rage depuis quelques mois. Dans chaque tranchée, on espère que la guerre sera terminée avant Noël, pour pouvoir manger la bûche en famille, mais on ignore qu'elle durera quatre ans de plus. Alors le soir de Noël, à plusieurs endroits du front, les soldats français, écossais et allemands fraternisent, se sentant plus proches les uns des autres, que de leurs compatriotes respectifs qui mangent leur dinde toute chaude en criant « mort à l'ennemi ! »
C'est leur histoire que raconte ce film.

Et il faut saluer d'abord le travail de recherche de Christian Carion. Car c'est une histoire qu'on a cachée, qu'on a essayé d'effacer, à l'époque. Honte aux soldats qui ont fraternisé avec l'ennemi ! Vous n'avez pas appris cette petite histoire de la grande Histoire, à l'école. Et c'est dommage. J'ai toujours trouvé que mes livres scolaires manquaient d'humanité.
Je le classe en film historique plus qu'en film de guerre donc. Il faut dire d'ailleurs à ceux qui n'aiment pas les boucheries que les combats ne sont pas trop présents à l'image. C'est pour d'autres raisons que le film prend aux tripes. Quand Diane Krüger, assistée par la voix de Nathalie Dessay, chante un Ave Maria sur le champ de bataille. Quand le jeune soldat fait croire dans ses lettres à sa mère que son frère est toujours en vie. Quand l'évêque écossais inculque aux nouveaux soldats que les allemands sont des enfants du diable...

Et symboliquement, la fraternisation du temps de guerre s'est traduite par un rassemblement de cinq productions européennes. Un film franco-germano-britannico-belgo-roumain, rien de moins. Cependant, même à cinq, on n'atteint pas le budget d'un film hollywoodien, et c'est la réalisation qui pêche un peu. Joyeux Noël a ce défaut d'être un peu trop filmé comme un film franco-français à mon goût. Mais ça n'enlève pas grand chose à l’œuvre dans sa globalité. Au lieu d'avoir un très grand film, on a finalement affaire à un grand film, c'est déjà pas mal.

Bien sûr, film à ne pas voir en version française. Enfin ça tombe sous le sens. Je ne sais même pas ce que donne la version française. Mais à chaque instant, la langue qui est employée est un élément de compréhension... Alors je ne vois même pas comment on peut faire une version française...
D'ailleurs, j'ai vu Inglorious Basterds en VF, il y a peu (TF1 ne propose pas autre chose). Ils avaient traduit l'anglais, mais pas l'allemand. Je n'ai pas compris l'intérêt. Et surtout, en terme de compréhension, c'était catastrophique : l'anglais qui révèle son identité d'anglais en reprenant sa langue et en disant : « Je redeviens sujet de sa Majesté. » Ça n'a plus de sens s'il est doublé en français !
Enfin bref, je m'égare.

A Joyeux Noël, donc, je mets 15/20. Avec mention.

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