Jungle Speed

Avis sur Jumanji

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En 1995, deux enfants (Kirsten Dunst et Bradley Pierce) découvrent un étrange jeu de société enfoui dans le sol. Commençant à y jouer, ils se rendent compte que les embûches du jeu sortent de celui-ci pour survenir dans la réalité. La ville se voit alors envahie par des bêtes sauvages en tous genres, qui la mettent sens dessus-dessous. Or, pour se débarrasser des effets du jeu, il faut finir la partie…

Même s’il n’a jamais fait de grands films, il est difficile de ne pas aimer un réalisateur comme Joe Johnston. Ayant commencé sa carrière comme directeur artistique de Star Wars et d’Indiana Jones, il se montrera par la suite un parfait héritier de Spielberg. Comme son modèle, il a compris que le plus beau, dans le cinéma, c’est sa capacité à rassembler toute la famille, ce qui, à quelques exceptions près, se manifestera dans son cinéma, un cinéma d’aventures qui réussit à s’adresser à tous les publics sans en privilégier un au détriment des autres.
Après un début chez les studios Disney où il illustre brillamment ce principe (Chérie, j’ai rétréci les gosses ! et Les Aventures de Rocketeer), il nous propose donc sans doute son film le plus culte à ce jour, Jumanji. Plus sombre que ses œuvres précédentes, Jumanji réussit toutefois à allier tension, humour et émotion dans un étonnant cocktail à la recette magique. En effet, Jumanji fait partie de ces films qui parviennent à faire passer leur public par tous les sentiments possibles.
Partant d’un point de départ de film d’épouvante, on ne peut guère qualifier de tel le film de Johnston, tant le scénario parvient à atténuer l’horreur de la situation surnaturelle par des manifestations concrètes qui n’effrayent pas plus que de raison et toutes issues d’éléments réels (des animaux et des plantes sauvages), ainsi que par des personnages auquel on s’attache immédiatement. Dès lors, petits et grands trouvent rapidement leurs repères dans un récit qui n’oublie pas de nous offrir son lot de scènes amusantes afin de nous dérider entre deux coups de stress.
Mais le plus beau, c’est que Johnston réussit à distiller un authentique parfum d’émotion, notamment dans la scène où Alan Parrish découvre le monde réel 26 ans après en avoir été enlevé par le jeu maléfique, ou bien dans un final très touchant où Johnston, fidèle à son credo spielbergien, nous délivre un message familial dont l’émotion est accrue par sa discrétion, le réalisateur n’étant pas du genre à s’appesantir sur la guimauve sentimentale.
C’est ce qui fait de Jumanji un film intelligent et mesuré, parfaitement rehaussé par des effets spéciaux véritablement incroyables pour un film de 1995. On ne s’en étonne pas lorsqu’on apprend que c’est comme toujours les célèbres studios ILM qui se chargent de ces images de synthèse d’un réalisme hallucinant (même si certains animaux comme les singes sont moins réussis) et tel que l’on n’arrive pas toujours à faire la différence entre les images animées par ordinateur et les animatroniques utilisés pour le film.
Ainsi, même après tant d’années, c’est toujours un vrai plaisir de se replonger dans un blockbuster familial qui, en plus de n’avoir pas pris une ride, réussit à parler à tous ses spectateurs sans qu’aucune tranche d’âge ne se sente mise de côté. Une belle prouesse de la part d’un réalisateur à la carrière décidément beaucoup trop parcimonieuse…

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