Pourquoi faire compliqué et moche quand on peut faire simple et beau

Avis sur Kaamelott - Premier Volet

Avatar Daneel Reventlov
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En tant que grand fan de la série j'attendais ce film avec une certaine impatience, quoique m'attendant à pas grand-chose. J'espérais devoir faire preuve d'un peu de mauvaise foi pour assassiner le film devant un auditoire de connaissance qui pourrait alors souligner gentiment que je n'étais qu'un con qui forçait au-delà du raisonnable. Quelle ne fut pas mon intense déception lors du visionnage.

J'avais fait un peu le deuil des livres 5 et 6 qui, revus plus âgé avaient laissé transparaitre leur manque de maitrise, l'absence de cohérence, un ton lourdaud et un mélange des genres des plus "déroutants". Mais restait à ces derniers livres qu'ils gardaient pour eux, malgré le nouveau format, des moments de bravoure , les blagues à la verve travaillée faisaient mouches et certaines scènes plus dramatiques pouvaient faire frissonner.

Cependant les problèmes n'ont pas été corrigés dans ce film, et disons que ça va de mal en salsifis.

Commençons par la mise en scène et le montage qui sont pour le moins hasardeux. C'est ni inspiré, ni bien ciselé, c'est plat comme un téléfilm M6 et c'est parfois bien plus moche. Astier aligne des plans-séquences qui se voudraient virtuoses, des champs contre champs qui tentent ce qu'ils peuvent. C'est tantôt plus prétentieux que les derniers livres et c'est systématiquement moins dynamique que les premiers. Alors certes il est agréable de voir les anciennes têtes. Cependant Perceval et Karadoc sont à peines drôles, Lancelot est inconsistant (quoi qu'il se soit trouvé une peau de lézard entre-temps) et les autres personnages sont fantomatiques. Pendant qu'Astier tente de caser tous les anciens acteurs et rôles, il trouve le moyen d'inventer une sœur à Léodagan, un frère à Perceval, deux rôle pour Cornillac et Galienne alors que leur rôle est quasi identique (je sais qu'en cette période de covid il faut faire bosser les copains mais bon). Résultat nous avons à peine le temps de voir Gauvin ou le duc d'Aquitaine que ceux ci disparaissaient (ce dernier nous faisant une David Copperfield) et les nouveaux venus sont tout juste "présent", mis à part un moustachu des plus enlevé qui m'aura fait, lui, rire.

Les multiples gags, ou tirades faisant références à la série sont le plus souvent balourdes, écartelées jusqu'à en finir insupportable. Quand la double nomination perceval/provencal est référencé, cette dernière est expliqué et trainée en longueur. Les rétines des afficionados apprécieront l'appel de phare, les nouveaux venus seront heureux de pouvoir demander à leur amis "Qu'est à dire que ceci ?".

François Rollin et toute la bande de traitre ne font que rarement sourire, sacrilège connaissant la "bande de trou du cul" (Bande auquel est associé mystérieusement le père Blaise et Christian Clavier, à croire qu'il manquait de figurants pour parler aux saxons et à Lancelot). Même le fameux jeux du pays de Galles ne mène qu'à une séquence laborieuse à laquelle on ne peux qu'assister les bras écartés, atterré devant le spectacle, se disant que l'on est dans une caméra caché, en se demandant comment on est passé du pelican à "ça".

En parlant de spectacle, peut on parler de cirque pour ce qui en est le clou avec les costumes?
Qui a validé ça ? Je sais qu'il faut se renouveler mais assumer le côté clown de la troupe en les faisant passer pour Pinder et ci, ça fait plus allée des mendiants de The Witcher que Bretagne du Veme siècle. Chabat en prince sassanide d'aquitaine, pour Léodagan ça appartient à l'ineffable, les semi croustillants en mineurs du XIXeme et les saxons en garde prussien sortie de "Grand Budapest Hotel". Je comprend que l'on veuille faire peau neuve mais comme disait Astier lui même "Pourquoi faire moche et compliqué quand on peut faire simple et beau". On s'improvise pas JS Bach comme ça.

Pour ce qui est du personnage d'Arthur on a définitivement passé la frontière du grandiloquent bavard pour arriver aux pompeux qui nous gueule au visage ce que la décence voudrait qu'il ne reste qu'au stade de l'implicite. En plus les thèmes sont à peine effleurés et on se sent comme face une redite des livres 5 et 6, des réflexions sur le pouvoir, la responsabilité qui se voudrait très profonde mais qui nous rappellent juste que nos dissertations de lycée ont vocations à être brulées ou perdus au fond d'un carton.

Je n'en dit pas plus mais je suis toujours infoutu de trouver les motivations des personnages (Lancelot se fait plus ridicule qu'antagoniste), de voir dans la résistance autre chose que des personnages plantés là par le scénariste à dessécher, ou de trouver le moindre lien entre la moitié des éléments du film. Le film se résumant à : Arthur revient en Bretagne, il retire l'épée, il passe par un passage secret, chasse Lancelot et reconstruit kaamelott (Pour trouver le Graal ? Jusqu'au changements de météo et les apparitions fantomatiques j'étais persuadé que toute la partie divinité était plutôt là pour faire marrer, maintenant je sais juste qu'Astier tente de rajouter une couche à son gratin de reste).

Seul Sting, un "la guerre est une illusion" et quelques répliques bien senties de Perceval ont réussi à me décrocher des rires mais le plus souvent on souris difficilement entre deux flashback des plus énigmatiques (Dieux qu'ils sont long, j'ai toujours pas compris à quoi il servaient).

Astier ne savait pas trop où il mettait les pieds après son coup d'éclat, en 10ans il s'est définitivement paumé.

EDIT : Je viens d'apprendre que les flashback avait eu l'utilité à Astier de bombarder son fils à un rôle d'acteur. Prouvant une nouvelle fois que Astier se prend pour son prétentieux de personnage principal pour se comparer à Aragorn (le retour du roi). Moi ça me fait penser à Shah Rukh Khan quand il eu pompé terminator 2.

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