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Fausse insoumise et Vraie Rebelle

Avis sur L'Insoumise

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Critique publiée par le

La quête cinéphilique de trésors méconnus nous pousse sans cesse à creuser dans les sillons oubliés avec l'espoir d'y dénicher la perle rare.

Bâti dans l' ombre d'Autant en emporte le vent dont il n' atteint jamais l'ampleur, ce film est taillé sur mesure pour la volcanique Bette Davis. On peut raisonnablement penser que la Warner fit tout ce qui était en son pouvoir pour qu'elle décroche l'oscar du meilleur rôle féminin, histoire de sceller leur réconciliation. Car elle était une véritable insoumise , là où son personnage de Julie Marsden n'est qu'une petite orgueilleuse capricieuse.
Le titre français est sacrément gonflé dans son mensonge, alors que le titre original nous révèle le fond furieusement américain de l' affaire: un mélo sentimental où une Jezebel se rachète de ses péchés. Étrange que mes amies senscritiqueuses se soient si bien laissées prendre, avec en prime cette apologie du Nord et sa modernité face à un vieux Sud figé dans ses coutumes. Tout cela est amplement dépassé, sans compter que le couple Davis/ Fonda est proprement inexistant et la structure du scénario souffre de sa précipitation et de ses nombreux remaniements.

Malgré cela William Wyler accomplit de petits miracles dans la mise en scène, alternant grandes scènes collectives rondement menées et sens du détail dans les scènes intimes tandis que le montage donne un tempo est assez remarquable pendant les premiers deux tiers du film. John Huston débutant au scénario s'est surpassé pour construire une baraque avec quelques dialogues bien sentis. Henry Fonda quasi débutant impose sa prestance distante qui le rend digne face à l'insupportable jouée par Bette Davis, qui je le confesse sans honte, a exercé sur moi son pouvoir de fascination.

Celle qui reste à tout jamais pour le cinéma et pour moi l' Eve de Mankiewicz ( rôle pour lequel elle ne décrocha pas l 'Oscar! ), surpasse ici son rôle trop étroit par son charisme de Femme apportant tout son sel à cette oeuvre fabriquée de bric et de broc avec l'aide d'un jusque là spécialiste du western et d' un futur grand cinéaste.

Une scène restera de ce film où tous déploient leurs talents: celle fatidique du Bal. Tout simplement d'une beauté implacable.

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