Une bataille outrageusement perdue

Avis sur La Bataille de Solférino

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Dans la trame politique de La bataille de Solférino, le spectateur devra se contenter d’une apparition de quelques secondes de Jack Lang et une interview « manquée » (par quelques astuces de montage) de Ségolène Royale. En d’autres termes, la partie documentaire politique du film n’apporte rien qui n’ait le moindre intérêt.
L’autre versant du film de Justine Triet concerne le récit des déboires amoureux de son couple central formé par Laetitia Dosch et Vincent Macaigne, respectivement journaliste peu crédible et Vincent Macaigne (i.e. énième rôle de trentenaire « perdu »). Un récit intimiste qui, impudiquement, bat pavé au milieu de la foule entre clameurs (vraies), pleurs et caprices (malheureusement vrais aussi) et disputes hargneuses (fausses).
Problème, Justine Triet engage cette part de Bataille de Solférino sans plan de bataille (i.e. scénario). Les petits soldats sont envoyés sur le terrain et nous verrons bien ce qui en ressortira. Le soutien d’une direction d’acteurs en bonne et due forme aurait été appréciable. Cet appui n’arrivera jamais, la direction artistique restera campée au niveau des lignes-arrières.
Que reste-t-il à nos valeureux combattants pour tenter de faire bonne figure dans ce bourbier ? L’improvisation dans le jeu fera office d’échappatoire. C’est une procédé redoutable chez John Cassavetes qui en fait une arme collective aux mains d’un groupe d’acteurs-amis dont les membres partagent de nombreuses affinités. Chez Justine Triet, cette arme est individualisée et s’enraye aussi souvent qu’elle est utilisée. Dans La bataille de Solférino, l’improvisation des acteurs est contreproductive et détruit le peu de matière cinématographique que renferme le film. Et là encore, les astuces grossières de montage ne camouflent en rien la vacuité de l’ensemble.
Finalement, La bataille de Solférino tourne très vite à la bérézina, la déroute est totale. Espérons que cette bataille outrageusement perdue mette un terme définitif à une guerre vaine, celle du cinéma français autoproclamé néo-auteuriste mais surtout pseudo-intello et nombriliste. Rendons cependant grâce à Justine Triet d’avoir parfaitement su résumer son film dans l’un de ses dialogues : « Une heure et demie pour ça ! »

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