Lady Barry Lyndon

Avis sur La Favorite

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Un des films les plus attendus de 2019 c'était celui-là. Il suffit d'observer la trajectoire de Yorgos Lanthimos pour comprendre pourquoi. Le réalisateur grec enchaine les succès critique depuis 10 ans et son film Canine. Et sa notoriété publique connait une croissance exponentielle, en particulier depuis The Lobster. Lanthimos avait séduit grâce à son univers semi-surréaliste dans lequel il épingle à coup de situations absurdes les relations humaines. La bande-annonce de La Favorite laissait entrevoir un film tout aussi déconcertant et mordant. Et de ce point de vue là le spectateur ne sera pas déçu.

Et cela même s'il faut bien constater que Lanthimos a mis un peu d'eau dans son vin. Son univers semble bien plus concret et s'appuie moins sur des métaphores ou des symboles. La raison en est qu'il s'attaque ici à un film historique, et bien qu'il prenne beaucoup de liberté sur les faits La Favorite est plus réaliste que ses films précédents.

L'histoire prend place dans l'Angleterre du 18e siècle, dans le très proche entourage de la reine Anne Iere. Tiens! Ca me fait penser à un fameux film de Stanley Kubrick. Celui qui est n°1 de mon top 10. Oui, c'est Barry Lyndon. A la différence près que Redmond Barry essaiera en vain de se rapprocher du roi. Mais il y'a d'autre similitude plus frappante.

En particulier dans la trajectoire des personnage principaux, Redmond Barry d'un côté, et Abigail Hill (Emma Stone) de l'autre. Tout deux sont d'ascendance noble, mais par un coup du sort, ou plutôt à cause d'un père négligent, ils se retrouvent tout en bas de l'échelle sociale. Troufion de base pour Redmond, récureuse de sol pour Abigail. Cet honneur perdu et cette épreuve imposé par le destin fait naitre dans l'esprit des deux personnages une furieuse envie de réussir, au nez et à la barbe de ceux qui les ont dominés au nom d'une hiérarchie stricte et injuste.

Cependant là où Kubrick se concentrait sur l'analyse d'un seul personnage, Lanthimos nous en dépeint trois. La reine d'Angleterre, sa favorite qui exerce réellement le pouvoir, et donc Abigail la jeune et jolie arriviste. Trois femmes qui se manipulent les unes les autres pour arriver à leur fin. Car il ne s'agit bien que de calcul politique, de chantage, et de coup de Jarnac. Où sont les sentiments et l'humanité? Pas ici en tout cas. Comme toujours chez le réalisateur de The Lobster ou Le Sacrifice du Cerf Sacré l'humanité apparait comme une faiblesse, ou une déviance. C'est pourquoi ses personnages ont des occupations cruelles (tir au pigeon) ou totalement absurde (manger le gâteau, vomir le gâteau, continuer à manger le gâteau).

La Favorite apparait comme un aboutissement de l'œuvre de Yorgos Lanthimos. Une manière différente d'aborder ses thèmes de prédilections (les relations humaines, l'animalité), tout en étant un film qui lui ressemble. Ceux qui avaient apprécié le travail de ce nouveau prodige du cinéma seront une nouvelle fois emballer. Mais il s'agit aussi de son film le plus abordable. De quoi faire un des plus gros succès de 2019.

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