Sourire-land

Avis sur La La Land

Avatar Victor Besse
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On se demandait bien ce qui valait 14 nominations aux Oscars a ce film, en regardant d'un oeil méfiant la bande-annonce de ce qui s'annoncait être - de mon point de vue - une fade comédie musicale et remake des *Parapluies de Cherbourg* à la sauce Grease... tout en se doutant que le génie d'écriture et musical du duo Damien Chazelle / Justin Hurwitz, à l'origine du magique Whiplash, n'y était pas pour rien. Aurait-on droit à un autre petit-chef-d'oeuvre sans fausse note ? D'aussi bonnes performances des acteurs pendant le "concert" ?

C'est avec une scene d'ouverture cuisinée aux petits oignons que démarre La la land, nous annoncant la couleur des le début du film. Ou plutôt LES couleurs, tant le pantone joyeux et saturé propre aux shows de cabarets sont exeptionnellement bien rendus ici. Costumes et décors s'enroulent fluidement autour d'une camera tres maitrisee. On assite à des plans bourrés de faux raccords tres volontaires, de références appuyées aux films du genre, de détails kitsh et d'anachronismes nostalgiques transpirant Broadway, ca bouge, ca vibre, ca chante, ca danse. A ceux qui pensent "houla, encore des chansons tout le long du film ?" on répondra que non, c'est assez bien dosé tout du long de ces deux heures et des poussieres : le rythme est géré, on plonge aisément dans cette alternance de parties musicales et dialoguées qui va crescendo jusqu'au final, toujours soutenue par l'excellente musique de notre cher Justin susmentionné. D'ailleurs il n'y a pas que des chansons mais aussi (on ne se refait pas !) des morceaux de free jazz, c'est assez varié.

Côté scénario certains mécanismes sont faibles (la dispute...) et on est en effet à un pas des *Parapluies de Cherbourg*, mais le show donne bien plus dans le spectaculaire, il est ancré dans notre époque malgré son visuel oscillant constamment vers d'autres décennies, et les personnalités fortes d'un casting exceptionnel font oublier facilement le pompage. Oui, Emma Stone creve totalement l'écran (je pese mes mots), Ryan Gosling est fidele a lui-meme, le couple fonctionne a merveille. On ne manque pas d'etre ému, malgré deux ou trois scenes tellement kitsh qu'elles en deviennent tout a fait ridicules. Spoiler :

la danse entre Stone et Gosling dans l'observatoire est à vomir des arcs-en-ciel.

Bémol pour la fin qui souffre d'un montage confus, ponctué de choix artistiques selon moi maladroits, quand un dénouement tres simple aurait suffit. Meme si ce film constitue l'ultime cliché de romance hollywoodien, surfant sur des notes de Woody Allen aux accents de Demoiselles de Rochefort déja vu, et malgré son aspect conservateur et auto-satisfait, on sait pourquoi on y est allé : le film reste un moment enchanteur qui saura mettre la larme a l'oeil et le sourire au levres meme aux plus rabats-joie d'entre nous ! Il suffit de simplement profiter du spectacle. Et cela va sans dire, allez le voir en couple si possible.

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