Le retour improbable de la momie dans le cinéma contemporain. Qui l’eut cru ? Délaissée depuis longtemps à cause de son manque évident de réalisme, sa lenteur aussi poétique que soporifique et sa présence horrifique vieillotte, le monstre aux bandelettes a vite été zappé des mémoires. Jusqu’en 1999, lorsque le réalisateur Stephen Sommers réussit l’impossible : allier le film d’aventure au fantastique en y incluant de bons passages de frayeurs et un casting inimaginable.
En effet, personne ne pouvait croire que le décérébré lourdingue Brendan Fraser pouvait devenir un héros intrépide. Mais le film est une franche réussite, renouant avec le vieux film d’aventure épique dans les dunes chaudes de l’Égypte des années 20, avec sa momie en images de synthèses très convaincante voire même effrayante, ses scarabées mangeurs d’hommes et ses soldats de l’ombre.
Les dialogues sont truculents, les scènes d’anthologie nombreuses et les effets visuels encore aujourd’hui très surprenant. Arnold Vosloo campe quant à lui une antiquité sur pattes des plus horribles, décomposée puis reprenant peu à peu vie en gardant quelques traces de son passé momifié sur la peau pour notre plus grand plaisir. Avec La Momie, Sommers livre un film absolument jubilatoire dont on ne lasse pas.