You damn dirty Ape !

Avis sur La Planète des singes

Avatar La critique  de l'homme saoul
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Il n’y croyait pas. Le romancier Pierre Boule, auteur de La Planète des Singes ne pensait pas que son livre pouvait faire un bon film. Pire encore, il pensait que le film serait ridicule. C’est une grosse erreur du français et le réalisateur Franklin Schaffner va lui prouver le contraire en faisant de La Planète des Singes le socle de la première franchise cinématographique de science fiction.

À l’écriture, l’adaptation du roman est assuré par Rod Serling le créateur de The Twilight Zone. Il reste fidèle au matériel d’origine, mais il va ajouter la peur du nucléaire. En pleine guerre froide c’est tout à fait logique et contemporain. Je ne vais pas me retenir de vous dévoilez la fin, de toute façon tout le monde a déjà vu le plan finale du film, ce sont les hommes qui ont mis fin à leur espèce en utilisant l’arme nucléaire.

Une toute nouvelle conclusion qui redéfinit totalement le message et la morale de La Planète des Singes. Un coup de génie. Par contre l’auteur Pierre Boulle détestera l’idée.

A cause du manque de budget, la production ne peut suivre à la lettre tout le scénario écrit par Rod Serling. Ils vont donc faire un appel à un autre scénariste pour les coupes budgétaires. C’est Michael Wilson qui vient réécrire (il a déjà écrit l’adaptation Le Pont de la rivière Kwaï de Pierre Boulle). Il donnera un mode de vie bien plus primitif aux primates. Les décors, maintenant désertique, seront donc beaucoup moins chères et colleront mieux à la catastrophe nucléaire.

Maintenant parlons des singes.

Ils sont très clairement le miroir des hommes. Ils sont une représentation de notre société, voir même en pire. Physiquement ils ont perdu tout leur côté animal pour être parfaitement anthropomorphe. Le paquet a été mis sur le maquillage et les costumes. John Chambers (qui recevra un Oscar d’honneur pour le maquillage des singes) va créer des singes tout à fait cohérent avec l’univers. Je pense d’ailleurs qu’il n’y a pas eu besoin de performance d’acteur sous ces déguisements. Désolé pour Roddy McDowall et Kim Hunter qui interprètent Cornélius et Zira.

Charlton Heston, énorme star de l’époque connu pour ses péplums, porte le récit à lui tout seul. Même si il subit plutôt les actions qu’autre chose. Il est celui qui ne croit plus en l’espèce humaine et trouve une espèce encore pire (celle des singes qui est, je le rappel, le miroir de notre société). Il va devenir, durant les deux premiers actes, le captif des singes et va subir ce que nous faisons subir à nos animaux. Heston va subir son dernier coup de massue avec la vision de la statue de la Liberté. Il va se rendre compte que les singes avaient raison de ne plus vouloir d’hommes intelligents, ils sont si destructeur.

Le Dr Zaïus avait raison, il savait pour les hommes. Lui qui est décrit comme stupide dans le roman.

Œuvre plutôt pessimiste ou le personnage de Heston et notre société en prennent pour leur grade. Sans compter le message sur les violences animales et sur le racisme.

La musique aussi est très pessimiste, brutal même, tribal. Le son des tam-tams, des tambours et les cris de singes nous laisse jamais à l’abri. Jerry Goldsmith veut nous secouer et quand il arrête sa musique c’est pour entendre les cries et les plaintes de Helston sur le plan final.

Le film se permet même le luxe de corriger la plus grosse incohérence du livre : le professeur Antelle. Le professeur avait perdu son intelligence en l’espace de 4 mois sur la Planète des Singes. Là, celui qui remplace le professeur : Landon, perd son intelligence à cause d’une ablation d’un morceau du cerveau. Bravo. Par contre de nouvelles incohérences pointent le bout de leur nez (la langue, les vêtements etc...).

Pour résumé, l’adaptation de la Planète des Singes est brillante. C’est un tout autre récit que celui du livre. Un pur plaisir. Une histoire, une autre morale et surtout l’une des scènes les plus culte et emblématique dans l’histoire du cinéma.

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