La Princesse et la Grenouille
6.4
La Princesse et la Grenouille

Long-métrage d'animation de John Musker et Ron Clements (2009)

Ceux de ma génération ont grandi avec l'âge d'or du début des années 90. J'en ai hélas raté certains mais ni le Roi Lion, ni Aladdin, je suis donc sauvé. Par la suite, c'est peu dire que les "classiques d'animation Disney" ont enchaînés les hauts et les bas, certains pétris de bonnes idées et de prises de risques mais bancals, d'autres complètement oubliables. Le temps de se remettre en question et nous voici avec "La Princesse et la Grenouille" en 2D, à l'ancienne, sur un conte de fée, par le duo à l'origine d'Aladdin et avec quelques nouveautés ici et là. De quoi ravir le public ? Apparemment il n'a pas eu autant de succès qu'escompté tant l'audience a été biberonné à la 3D du collègue Pixar. Dommage car sans être un incontournable, il vaut clairement le coup.

Son principal problème vient du fait que l'histoire enchaîne les intrigues secondaires. Certes tout se mélange plutôt bien, on arrive à suivre mais l'avantage des principaux dessins animés Disney était leur simplicité. Ici ce n'est pas aussi fluide. Ensuite il faut croire que la 2D touche moins qu'avant, elle reste de qualité car Disney reste Disney, il y a de grands moments, notamment ceux avec le méchant mais l'effet de surprise est passé. Enfin pour changer, défaut récurrent des derniers Disney hélas (y compris la Reine des Neiges), l'insertion des chansons est moins efficace, cela devient plus aléatoire. Leur qualité est bonne, aucun souci mais cela perd en naturel et ça apparaît plus forcé, on a clairement l'idée de "on est Disney,on doit insérer un quota de chansons, c'est notre marque de fabrique".

Pour le reste, c'est aussi bon que ce que Disney peut offrir. C'est rafraichissant de voir de nouveaux environnements comme la Nouvelle Orléans et d'avoir une princesse de couleur. Les relations entre les divers personnages sont parfaitement maîtrisées (la romance est en mode accéléré mais on a appris à vivre avec ce cliché Disney), ils sont tous attachants dans leur genre et comme souvent en animation, la VF s'en sort très bien. Je ne bouderais jamais mon plaisir d'entendre Alexis Tomassian (notre JD de Scrubs), il colle idéalement au personnage de Naveen, Anthony Kavanagh prend son pied à incarner Ray et Richard Darbois nous fait l'immense plaisir de doubler l'alligator Louis, le réentendre dans un Disney (et partout ailleurs non mais) est un plaisir à consommer sans modération.

Le film n'a pas le même charme que les classiques et j'ignore si cela est dû au temps qui passe ou aux défauts cités précédemment car j'ai l'impression qu'on pardonne davantage les problèmes des incontournables. Quoiqu'il en soit, je ne regarderai pas en boucle la Princesse et la Grenouille mais il démontre incontestablement que le savoir-faire est toujours présent. Disney est encore vert et la suite l'a confirmé. Hourra !

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le 28 févr. 2015

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Masta21

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