La tour sombre se projetta à travers les écrans et les lecteurs suivirent (ou pas).

Avis sur La Tour sombre

Avatar Nhoj
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Ce film bénéficie d'une spécificité intéressante qui lui est offerte par la saga littéraire d'origine : en plus d'être une adaptation,

grâce à une conclusion atypique des romans il est aussi et surtout une suite à la quête de Roland Deschain.

Que penser? Certains crient au scandale en étant consumés par la frustration de ne pas voir sur grand écran une transposition nette des scènes qu'ils ont adoré pendant des décennies, d'autres se jouent de la facilité d'adapter sans adapter et des libertés qui en découlent.
Je reconnais que c'est compréhensible, mais lorsque l'on songe deux minutes au potentiel de cette adaptation-sequelle peu banale, le point de vue qui s'ensuit tend à saluer ce choix logique.
Ce n'est pas ce que le lecteur désirait à la base mais lui seul peut comprendre pourquoi et comment on ne le lui donne pas, à quel prix et en quoi cela vaut la peine de se faire souffrance.

Qui plus est, pour panser les plaies on nous laissera glaner quelques références à ce que l'on ne nous sert pas encore dans cet opus (j'ai bien aimé l'allusion aux bafouilleux par exemple).

Aussi comme ce métrage stagnait en production-hell depuis dix ans, les attentes étaient au plus haut. Heureusement que le film est sorti une semaine plus tôt aux USA et que les critiques des fans l'ont démoli, j'ai eu le temps de revoir mes expectations à la baisse et d'être plus objectif.
La chronologie est différente, le ton est un peu trop bourrin (blockbuster oblige(?)) néanmoins les choix qui sont faits par concision conservent un semblant de fidélité sans rebuter le public " normal " (le genre qui n'aurait pas pu supporter une analepse de plusieurs centaines de pages au milieu de l'aventure : Magie et Cristal).

Le plus gros point fort du film reste son casting, il y a une agréable alchimie entre les personnages (Roland/Jake) qui satisfera les plus difficiles. Matthew McConaughey et Tom Taylor apparaissent à l'écran tout comme Walter et Jake apparaissaient dans mon esprit au cours de ma lecture. Idris Elba a surpris tout le monde uniquement à cause de sa couleur de peau, alors que les gens attendaient plutôt un Javier Bardem ou un sosie de Clint Eastwood à l'époque de Josey Wales. Malgré les a priori il incarne le pistolero comme il se doit grâce à son expérience et à son charisme. Le script fait un peu trop blablater Roland, cependant c'est pas évident de le faire paraitre à la fois austère et sympathique en si peu de temps en gardant le bon équilibre.

La musique est pas mal du tout non plus quoique oubliable, mais puisque j'y suis je vous recommande plutôt une OST enregistrée par un fan de la série sur plusieurs années qui plaira davantage aux puristes : https://www.youtube.com/watch?v=5akdhTFVSok&list=PLD31321B06C747329 (c'est quasiment irréprochables, avec plein d'indices sonores délectables et un groove progressif).

Voilà, c'est pas ce qu'on voulait mais j'arrive à justifier la plupart des choix qui font controverse et j'ai passé un bon moment. Ça frise parfois un peu trop la lourdeur - faut que vous voyiez ça l'esprit clair - et la photographie n'a pas le sublime qu'évoque le texte mais j'attends ce truc depuis que j'ai dix-sept ans alors je relativise. Après une longue traversée, ce neuf août j'arrive à la tour sombre avant de me retrouver à nouveau dans le désert de Mohaine. J'avance.

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