Polémique en mousse et pièce de collection sans gloire

Avis sur Le Baiser de May Irwin et John C. Rice

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Retenu car il comporte le premier baiser du cinéma, ce film est un parfait exemple de l'ambivalence que comportent les pièces de musée ne devant leur place qu'à une date et une opportunité. Le Kiss de 1896 ne présente aucune qualité technique digne d'intérêt. Néanmoins il peut attirer une sympathie sincère, aidé en cela par son sujet. Le réservoir émotionnel reste plus fort qu'avec les 'vues' documentaires (spécialité d'Edison et motivation de Muybridge en 1878) et les fétichistes des joutes éteintes adoreront citer la polémique suscitée par ce baiser. Certains spectateurs apprécieront que pour l'occasion ce soit des comédiens au physique sans attrait notable et surtout une femme costaude qui aient été choisis.

Ces détails suffisent déjà à le placer au-dessus de la moyenne du tout-venant de l'époque et notamment de nombreux films des Lumière – c'est moins le cas de Méliès dont les trucages ont révolutionné le rapport au cinéma et ameutés les foules (quoique son lancement avec Une partie de cartes soit justement proche de la fosse de l'insignifiance). La même année (démarrée avec L'Arrivée en gare de La Ciotat) il secouait déjà cet univers tout frais avec son Manoir du diable. Ironiquement c'est ce film qui émerge parmi ceux où William Heise est crédité réalisateur en solo (il est directeur photo ou équivalent sur les 400 films auxquels il a participé). Dans les autres cas notables comme les Monkeyshines (essais de 1890), il partage ce statut avec Dickson.

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