Tony Blair trouve la foi

Avis sur Le Bon Apôtre

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Bon je vais finir par croire qu'à terme je vais pouvoir rentabiliser mon abonnement Netflix tous les mois (et pas juste avec les derniers navets avec Adam Sandler), parce que là les projets intéressants s'enchaînent sur la plateforme et j'ai même pas encore eu le temps de tout voir. Avant de voir le Greengrass, le Saulnier, je regarde donc le dernier Gareth Evans, réalisateur dont j'ai adoré la mise en scène dans The Raid, mais dont je trouve l'écriture un peu faible.

En effet, que dans ça soit dans The Raid, The Raid 2 et maintenant dans Apostle, il y a une constante, il y a trop d'histoire dont on se fout. Alors The Raid avait réussi à recentrer son propos pour enchaîner quasiment que de la baston, mais en vrai il y en avait encore trop notamment au tout début. The Raid 2 se perdait dans son histoire, alors que les combats étaient toujours excellents. Là je dois dire qu'on a carrément des arcs narratifs qui auraient dû être coupé, notamment toute la fin du film qui n'apporte strictement rien et qui fait que la dernière demi-heure est franchement longue.

En réalité, j'ai adoré le début, même si Dan Stevens surjoue un peu le type mal dans sa peau, parce que tout le côté secte au début du XIXe siècle est juste parfait. Je veux dire qu'en terme d'ambiance, c'est juste dingue, on arrive sur une île reculée, avec des mecs qui sont bizarres, avec une foi étrange... le type doit récupérer sa sœur, il y a à la fois un aspect horrifique, mais également un côté enquête qui fonctionne vachement bien, notamment lorsque l'on épouse le point de vue du héros. Malheureusement parfois Evans nous en montre un peu trop, alors que filmer tout uniquement du point de vue du personnage principal aurait renforcé l'angoisse.

Enfin, ça fonctionne du feu de dieu, si j'ose dire, parce que Evans sait mettre en scène et il n'y a pas à douter là-dessus, c'est sublime, l'ambiance est là, c'est pesant à souhait... J'étais au paradis.

En plus il n'y a pas trop de deus ex machina pour sauver le personnage lorsqu'il s'apprête à se faire découvrir, ou du moins ça semble logique, c'est pas juste un mec qui appelle le méchant et le méchant qui dit « on verra ça plus tard ».
D'ailleurs notons à quel point Tony Blair déguisé en Orson Welles avec une coupe au bol joue très bien le prophète (c'est le bâton qui fait tout).

Mais voilà, le film s'embourbe sur la fin dans un truc bizarre où on ne sait pas trop où il veut en venir, avec une partie plus surnaturelle... et honnêtement je n'en vois pas l'intérêt. Alors on voit des trucs bien gore, avec des scènes assez tendues qui fonctionnent très bien... mais en vrai, ça n'apporte pas grand chose au film que ça soit surnaturel. Je ne suis pas du genre à demander une explication rationnel à ce qui ne doit pas en avoir, mais là clairement c'est quand même vraiment tordu comme truc et pas forcément pertinent par rapport au reste du film, limite ça arrive comme un cheveu sur la soupe et je trouve que le film aurait gagné soit à exploiter beaucoup plus cette partie, histoire que ça ne sorte pas de nulle part, ou bien se contenter de l'humain, qui est déjà bien assez flippant.

Après ça ne suffit pas à pourrir le film... mais disons que ça aurait pu être encore mieux et on aurait gagné également au niveau du rythme... peut-être aussi aurait-on pu éviter ce plan final un tantinet ridicule.

Reste que pendant 1h30 environ, voire un peu plus, tout y est et c'est du pain béni.

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