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Avis sur Le Syndrome de Stendhal

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Dans la catégorie des films partant d'une excellente idée et virant finalement à la débâcle Le Syndrome de Stendhal fait l'objet d'un édifiant paradigme. Après quelques films incontestablement importants ( le complexe Profondo Rosso, le flamboyant Suspiria ou - dans une moindre mesure - le délirant Phenomena ) Dario Argento réalise donc en 1996 ce giallo déconcertant, avec en tête d'affiche sa fille Asia.

Bon. Disons que si l'ensemble se laisse suivre sans trop broncher l'écriture dudit thriller jaune vire assez vite au grand n'importe quoi et à l'indigence la plus carabinée. Difficile de croire au personnage de flic joué paresseusement par une Asia Argento balançant entre une série d'expressions fadasses et une composition grotesque : en effet la dimension policière reste ici complètement traitée par dessus la jambe par le cinéaste, ce dernier mettant un point d'honneur à multiplier les élucubrations psychologiques totalement à côté de la plaque. Si la figure du serial killer tient là une bonne partie des promesses annoncées par le genre l'évolution du récit affiche un air de redite pas mal agaçant ; en d'autres termes le coup de théâtre lourdement amené dans le dernier quart d'heure semble déjà vieux comme le monde avant même d'intervenir : éternel sujet du transfert psychique comme résolution d'une intrigue délibérément alambiquée, et patati et patata...

En outre la mise en scène de Dario, si elle promet quelques rares éclats non dénués de génie, s'avère trop grossière dans sa démonstration et trop disparate dans sa construction pour être forcément défendue. Certains personnages, réduits à leur fonction, n'ont pratiquement aucune épaisseur ni même une réelle utilité quant au scénario initial ( notamment la figure de l'amant d'Anna, joué par un acteur français dont le nom m'échappe...). Toutefois Argento père connaît sa grammaire hitchcockienne sur le bout des doigts, capable d'assurer les transitions par le seul usage de la bande-son. Quant à la composition musicale, cristallisée par un leitmotiv morriconien efficace et joli comme tout, elle permet au film de glaner quelques points. L'ensemble reste en définitive assez médiocre, fumeux et raté à bien des égards. Dommage...

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