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Le Voyage de Chihiro

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Une enfant est affalée sur la banquette arrière d'une voiture, des bagages en tout sens : la famille de Chihiro déménage et arrive dans son nouveau quartier. Mais papa tourne un tout petit peu trop tôt et s'engage dans un chemin qui n'est visiblement pas le bon. Pourtant, il s'entête et accélère au point de risquer un accident. Papa ne semble plus le même : il est comme attiré, comme envoûté.

Au bout du chemin se dresse un bâtiment aux larges proportions et qui ressemble à un temple. Une porte, un couloir que seule Chihiro est réticente à emprunter. Elle aimerait faire demi-tour mais ses parents ne l'écoutent plus. La famille traverse un ru qui n'est plus qu'un maigre filet d'eau et pénètre dans un curieux village mystérieusement désert. Attirés par une odeur délicieuse, papa et maman découvrent un stand croulant sous la nourriture. Subitement affamés, ils s'attablent et commencent à s'empiffrer. Suis-je le seul à avoir immédiatement pensé à la petite maison de pain d'épice qui leurra Hansel et Gretel ?

Chihiro est de plus en plus inquiète. Ses parents qu'elle ne reconnait plus ne paraissent plus l'entendre. Elle s'éloigne donc pour visiter les lieux et découvre un jeune garçon (Haku) qui, effrayé, l'exhorte à quitter les lieux avant que le soleil ne disparaisse sous l'horizon. Confirmée dans ses craintes, la fillette court rejoindre ses parents qui, entre temps, se sont métamorphosés en porcs : ce village fonctionnerait-il comme l’île enchantée qui manqua d’être fatale à Pinocchio ?

Retardée par sa stupeur, Chihiro ne parvint pas à s’échapper : le mince ruisselet est devenu un fleuve infranchissable. Revenu en arrière, elle découvre des rues maintenant bondées d’ombres inquiétantes et de créatures extraordinaires. Elle retrouve également Haku qui lui vient en aide. Les humains n’ont pas le droit d’être là : la seule chance de Chihiro est d’aller trouver Kamaji à la forge et de réclamer un travail.

Elle va alors découvrir un monde féerique, sacré : un établissement thermal sur lequel règne la sorcière Yubata. Un monde parallèle dans lequel on vient se laver et se purifier de la souillure du monde des hommes. Un film d’animation magnifique aux superbes couleurs et d’une grande poésie dans lequel Miyazaki poursuit son leitmotiv écologique. Un film qui m’a entièrement accaparé et dans lequel je me suis amusé à débusquer les références de toute sorte (artistiques, mythologiques…) si toutefois je ne les ai pas moi-même imaginé : j’ai vu notamment Bastien volant sur le dragon Falkor, les boules de suie déjà rencontrées dans le voisinage de Totoro, ou encore Orphée quittant le monde d’Hadès en résistant, cette fois, à la tentation de se retourner.

Eblouissant !

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