Les huit salopiots

Avis sur Les 8 Salopards

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Madame la directrice,

Voici mon rapport hebdomadaire pour la crèche Les petites bobines.

Semaine assez habituelle. Le petit Nolan a toujours la tête dans les étoiles. Emmerich a passé sa journée à détruire les constructions Lego de ses camarades. Les Wachowski continuent à nous tourner en bourrique, nous ne savons plus s'ils doivent aller dans les toilettes pour fille ou pour garçon (Lana a marié pour la quatrième fois deux Barbie et a déclaré le divorce des Ken policiers). Ha si, le petit Miller a délaissé son jeu La petite ferme de Mathurin pour revenir à ses Hot Wheels. Park ne veut prêter à personne les Play Doh. Nous avons encore dû empêcher Almodovar de jouer à touche-pipi avec ses camarades. Pour l'anecdote, en atelier art plastique, Cameron s'est mis de la peinture bleue des pieds à la tête. Quand à notre petit chouchou, Spielberg, il est resté sage comme une image, sans jamais faire de vague.

Fait notable, nous avons observé du changement chez le petit Tarantino. Vous vous souvenez de son entrée dans la crèche. Très violent, toujours à bousculer ses camarades, mais si attachant. Il mettait une énergie nouvelle dans le groupe. Puis, il nous a fait sa crise d'identité. Il a passé son temps à voler les vêtements des grands. Avec des habits souvent trop grand pour lui.

Nous avions adoré sa période samouraï, elle était très sympathique. Mais il est devenu pénible quand il a enchaîné sans aucune logique les déguisements : cascadeur, soldat de la seconde guerre mondiale, esclave.

D'ailleurs, nous avons eu beaucoup de mal à lui faire comprendre qu'il n'était pas noir. Ceci lui tient très à cœur, mais cela blesse ses camarades d'origine africaine. Il s'est calmé, mais une nounou l'a entendu hier appeler son doudou Petit Ours Brun « Nigga' ».

Le soucis, c'est qu'il devient capricieux. Il prend de nouveaux jouets, les tord dans tous les sens, les met à la bouche et il n'arrête pas de crier en disant qu'ils ne sont rien qu'à lui. Et quand il se lasse de ses nouveaux jouets, il les laisse dans un état lamentable.

Le petit Abrams fait absolument la même chose, mais il remet les jouets dans les casiers, sans les abîmer. Il est très méticuleux, à la limite du maniaque.

Dans l'équipe, nous appelons ça le syndrome « Martine », du nom de la série de livre pour enfants : « Quentin et les ninja », « Quentin cascadeur », « Quentin scalpe les Nazis », « Quentin au far-west ».

Il a repris sa période cow-boy, mais cette fois, il a pris un déguisement plus adapté à sa taille. Même si ça flotte sur les hanches, cela ne se voit pas grâce à quelques épingles. Cela fait plaisir de le voir si enjoué, si à l'aise. Nous retrouvons un peu le petit à ses débuts. Les nounous les plus expérimentées ne peuvent s'empêcher de le comparer à sa période « Reservoir dogs ».

Il est marrant de constater à quel point il imite ses aînés. Mais ne lui dites pas, il se vexe. Sa plus grande fierté est d'avoir réussi à embarquer Ennio dans ses jeux. Il faut dire que ce dernier a tendance à s'isoler depuis quelques temps, ne trouvant plus de camarades de son âge.

Quentin passe ses journées dans la petite cabane au fond de la cour. Toute l'action se passe dedans. Nous n'avons pas compris pourquoi il l'a rebaptisé La mercerie de Minnie, lui qui pleure dès qu'on passe Bambi ou Blanche Neige.

Vous l'auriez vu quand il a découvert l'Ultra Panavision 70mm, il était tout fou. Il s'est couvert de poussière, mais nous ne l'avons pas débarbouillé. Il avait l'air si heureux. Et il s'est découvert une passion pour les lentilles. A toutes les sauces. Il s'est régalé.

Pour jouer, il a pris ces Playmobil favoris et les a fait se battre entre eux. Même s'ils sont dépareillés, ce n'est pas grave, il leur a changé les habits et cela fonctionne bien. Par contre, il les a barbouillés de feutre rouge. Un vrai massacre. Et il nous a mis du polystyrène partout !

Il faudra faire quelque chose pour son langage. Il est d'une grossièreté déconcertante. On dirait que ça l'amuse de jurer à tout va.

Toute l'équipe est rassurée et a fait sa part d'autocritique. Nous pensons que le petit Tarantino a été un peu trop couvé après ses débuts dans le centre. Peut-être notre enthousiasme devant ses qualités ont été démesurées. Dès que notre attention s'est reportée sur un de ses camarades, il a voulu se distinguer, faire son intéressant. Il ne faisait que rechercher un peu d'attention et l’assentiment de ses aînés. De là doit venir son caractère bagarreur. Il semble aujourd'hui avoir retrouvé son équilibre.

Madame la directrice, il nous faudra maintenant évoquer la semaine prochaine le cas du petit Burton. Autant il faisait un peu peur à ses camarades au début, maintenant, il ennuie tout le monde.

Cordialement

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