L'aube des morts-vivants

Avis sur Les Morts-vivants

Avatar Sergent 1er
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Les Morts-vivants (White Zombie) appartient à cette trempe de films fantastique/horreur si chère à mon cœur, à savoir ceux qui s'emparent d'un folklore bien précis afin d'établir par-dessus un mystère d'autant plus fascinant qu'il s'appuie sur de réelles croyances. Ainsi, le long-métrage de Victor Halperin se déroule en Haïti et fonde son histoire sur les légendes locales. En effet, le zombi (sans e), bien avant d'être réinterprété par George Romero dans sa magnifique saga des morts-vivants, est dans la culture vaudou un homme envoûté par un sorcier, et placé de ce fait sous son contrôle absolu. Dans le film, ce pouvoir est tombé entre les mains d'un impitoyable capitaliste, joué par Bela Lugosi, qui en use pour s'ériger une armée d'esclaves totalement dévoués. On découvre cela au travers d'une scène d'usine glaçante rythmée au son des cris infernaux de la machinerie.

Mais cette parabole sur l'exploitation des travailleurs n'est en réalité qu'une vague toile de fond pour une histoire bien plus sage. En effet, le sorcier va mettre ses pouvoirs au profit d'un autre homme (Beaumont) afin de lui permettre de mettre le grappin sur une jeune femme fraîchement mariée, dont il est tombé éperdument amoureux. La léthargie dans laquelle celle-ci se retrouve va vite lui faire regretter ses actes - comment aimer une femme encore plus vide qu'une starlette de télé réalité ? Lugosi va alors entamer son plan machiavélique, dont l'objectif est de contrôler tout ce beau monde. L'époux de la zombi va finalement l'arrêter, avec l'aide, il est vrai, de quelques deus ex machina bien faciles.

White Zombie jouit d'un admirable travail d'atmosphère.
Rien que la trogne du grand Bela Lugosi y participe. Il est génial dans son rôle. Son jeu se rapproche plus du cinéma muet que du parlant, sa gestuelle le démontre.
On a le droit à quelques décors somptueux, qu'ils soient peints ou bien réels. Cela se greffe à une mise en scène tout aussi bonne, dans certains cadrages (des gros voire très gros plans sur le visage et les yeux de Lugosi qui dégagent un véritable sentiment de malaise) et effets visuels. Il y a un travail intéressant sur les effets de surimpression, d'abord avec le visage de Lugosi (encore lui !) comme annonciateur du drame à venir, ensuite avec celui de la mariée (pseudo) morte dont l'apparition fugace dans les vapeurs de l'alcool soulignent la souffrance de son époux (quand il se jette sur cette image fantôme pour ne retrouver entre ses mains que l'ombre d'une autre femme, c'est pour moi la plus belle scène du film). Des effets de flou sont utilisés pour symboliser l'ensorcellement des victimes.
Enfin, le travail sur le son renforce encore plus l'ambiance du film : le mysticisme par les chants et les musiques des indigènes, l'horreur par les hurlements des vautours qui déchirent la nuit de leurs sombres présages.

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