👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Après son premier film en tant que réalisateur, Crazy Joe (2013) ; Steven Knight signe Locke (2013), un long-métrage se situant entre drame, thriller et huit-clos. Ce dernier est largement différent de Crazy Joe, plus sombre, plus étroit (spatialement et temporellement), plus ambitieux. Le synopsis de départ est pourtant d’apparence simple, un homme, Ivan Locke (personnage principal incarné par Tom Hardy - qui sort d’un très bon Bane dans The Dark Knight Rises (2012, Nolan)), fini sa journée de travail, il monte dans sa voiture puis tout commence. Une série d’appels, de révélations, qui n’auront de cesse de remettre en question sa vie et son avenir.

C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques marquantes du film ; le lieu est unique : une voiture. Tout le déroulement de l’intrigue se formera autour d’appel, mais aussi de divagation du personnage, qui s’adresse à son père décédé, auquel il ne voue que haine. La voiture forme donc un lieu clos, un espace restreint mimant l’étouffement dont subit le héros (et donc indirectement nous aussi), qui au fur et à mesure des péripéties s’enfonce un peu plus dans la perte de contrôle, de lui-même mais aussi des autres. Le choix de Steven Knight concernant l’étroitesse du lieu est donc judicieusement justifiable, tant il sert au caractère narratif du film.

Ainsi, tout au long des appels qu’Ivan Locke reçoit, nous découvrons qui il est, ce qu’il a fait, ce qu’il fera ; et, à ce titre, nous sommes nous, spectateurs, au même niveau que sa femme, son patron, son collègue de travail, qui eux aussi redécouvrent un homme, un Ivan Locke différent de ce qu’ils connaissent. C’est un scénario en crescendo qui dévoile ses ficelles et ses vices à mesure que la voiture avance vers l’objectif du personnage principal, qui par ailleurs est également le déclencheur de l’intrigue.

C’est une relation étrange que le spectateur noue avec Ivan Locke, on ne le déteste pas, on ne l’aime pas non plus. Il gère les événements avec rigueur, impérial en soit ; et pourtant, toutes les choses négatives qui se passent dans le film, il en est la cause. On ne sait pas s’il faut être empathique avec lui ou le détester pour ce qu’il a fait, c’est donc finalement un sentiment de neutralité qui s’en dégage. Car c’est ici la morale que Steven Knight veut transmettre ; Locke est un film sur la rédemption (le rachat d’une erreur et l’acceptation des sacrifices qui en découle), mais aussi sur le pardon à autrui, ainsi que les relations familiales, paternelles surtout.

Note : 6/10

DonDada
6
Écrit par

il y a 1 an

1 j'aime

Locke
Gwimdor
8
Locke

I AM LOCKED

Parfois il faut pas grand chose pour réaliser un putain de bon film, un homme, une voiture, l'autoroute, et une succession de coups de téléphones mettant les nerfs de notre héros à rude épreuve. Dit...

Lire la critique

il y a 7 ans

43 j'aime

6

Locke
blig
8
Locke

Locke, l'histoire d'un mec qui la joue collectif

Dans le monde nihiliste dans lequel il évolue, Ivan vit en tentant d'exorciser son démon paternel. Surtout ce soir, à l'aube de l'accomplissement de sa carrière, une tour de Babel de béton censé...

Lire la critique

il y a 7 ans

30 j'aime

6

Locke
Sergent_Pepper
6
Locke

L’habitacle ne fait pas le moine.

Locke fait partie de ces films sur lesquels on est en droit d’avoir de sérieux doutes avant même d’en commencer le visionnage : après Buried, le concept du huis clos à une personne dans un cercueil,...

Lire la critique

il y a 5 ans

27 j'aime

3

L'Homme à la caméra
DonDada
8

Une journée à Odessa

Dziga Vertov (littéralement toupie tournoyante), de son vrai nom David Abelevich Kaufman, avant-gardiste soviétique, notamment membre du Conseil des Trois (avec sa femme et son frère (l'homme à la...

Lire la critique

il y a 2 ans

1 j'aime